18 novembre 2012

Le poids des mots et le choc d’une photo

Ce matin les journalistes des radios n’avaient qu’un mot à la bouche pour commenter les manifestations hostiles à l’installation du futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes. En effet, les commentateurs reprenaient en chœur les expressions ou autres éléments de langages que les groupes d’opposants au projet leur avaient communiqués avec soin pour appuyer leur message. Ce matin donc, sur les ondes, un mot, fort en sens et chargé historiquement, revenait  dans tous les sujets : « Résistants ».

Le poids des mots…

J’avoue qu’entendre ce mot pour évoquer ce groupe de manifestants m’a fait froid dans le dos. Les mots, quand il s’agit de commenter l’actualité, ont un sens, ont un poids avec lequel on ne peut pas jouer. Comparer les agissements de quelques centaines de contestataires au don de leur vie qu’ont fait des femmes et des hommes, en temps de guerre, face à la barbarie et l’horreur m’a, à l’heure du café chaud, donné la nausée.
Comment peut-on en  2012, et c’est un ancien journaliste qui l’écrit, tomber dans ce panneau, dans ce jeu malsain, et utiliser ce vocable pour comparer ce qui est incomparable ! Les mots ont un sens et l’oublier c’est nier le passé ou pire le banaliser !
Ces manifestants n’ont rien à voir avec nos héros de la seconde guerre mondiale, avec les Syriens ou les Coréens du nord, qui subissent chaque jour un peu plus l’horreur, avec toutes celles et tous ceux qui ont vécu les années de cendre emmurés derrière une frontière idéologique à l’est de notre continent ! Non ces « anarchistes » ou pseudo-contestataires, « baba-cool » sur le retour, n’ont vraiment rien à voir avec ces combattants de la liberté, qui, chaque jour, meurent pour défendre leur terre et des valeurs de démocratie. Les médias qui utilisent ces mots (ces maux ?) jouent avec le feu et viendront demain nous accuser du pire.

Je sais qu’à l’époque où un autre vocable, celui de « désobéissance citoyenne » est utilisé à chaque fin de phrase, s’insurger contre cela peut paraître bien fade ou désuet. Il n’empêche que c’est un terrain que je défendrai à chaque fois avec la même colère par respect pour nos aïeux, par respect pour ceux qui ont été ou sont de vrais « Résistants ».

…le choc d’une photo !

La revue de presse quotidienne est certainement l’un de mes moments préférés. Au petit matin, je découvre la vie du monde, de mon pays, de ma région. Déjà passablement énervé par les reportages radiophoniques, je suis tombé sur une photo qui m’a, une fois encore, interpelé ! Notre députée verte, adjointe au maire de Fontenay-sous-Bois, entrant de manière illégale écharpe tricolore sur le torse dans une maison dont le propriétaire « Vinci » ne l’avait pas autorisé ! Voir une élue de la République, membre de la majorité présidentielle, bafouer le droit à la propriété de cette manière est choquant au plus haut point ! Cette élue serait-elle au-dessus des lois qu’elle est censée voter ? Quel exemple donne-t-on aux plus jeunes en agissant de la sorte. Cette semaine un ami de mon fils aîné s’est fait racketter à la sortie de son club de hockey, que pourrais-je lui dire quand ceux qui votent les lois ne les respectent pas !

Ouverture d'une habitation dont Vinci est le propriétaire par des représentants élus. | Romain Etienne/Item pour Le Monde
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/11/16/a-notre-dame-des-landes-le-coup-de-force-des-elus-opposes-a-l-ayraultport_1792070_3244.html

Les mots ont un sens, les actes politiques aussi. On a le droit de ne pas être d’accord c’est la chance que nous avons de vivre dans une démocratie, mais il y a des lois que chacun, y compris les parlementaires, doivent respecter encore plus que d’autres.

1 commentaire:

  1. Bravo notre député ne vient pas au 11 novembre mais elle joue les résistantes !! n importe quoi

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