14 février 2013

20 après : Auschwitz, le nécessaire devoir de mémoire



Il y a des voyages dans le passé que l’on n'ose faire par peur de revoir surgir une nostalgie mal éteinte, des douleurs oubliées ou des choix toujours en suspens… Dimanche 10 février 2013, à l’invitation du Conseil des communautés juives du Val-de-Marne, j’ai pu revenir, 20 ans après, à Auschwitz, en participant au voyage de Mémoire accompagnés de nombreux Fontenaysiens

J’ai eu la chance, je dis bien la chance, de visiter deux fois la Pologne avant ce voyage de dimanche. Ces deux séjours ont compté pour moi puisqu’ils ont, en quelque sorte, influé sur ma vie professionnelle. 

Le premier eu lieu en 1990, j’avais alors 18 ans et je participais avec le mouvement des jeunes de l’UDF aux premières universités d’été à l’étranger. Durant 4 jours, nous avions pu rencontrer différents mouvements politiques ou syndicalistes de jeunes tels que Solidarnosc. J’ai découvert alors les ravages d’une idéologie poussée à l'extrême. Derrière ce rideau de fer, tout était collectif et paradoxal, tout était gris et douleur, tout était nationalisé et contourné. Nous étions à un mois de la réunification de l’Allemagne, j’ai compris à cette époque ce que je ne voulais plus revoir.
Porte d'entrée du Camp d'Auschwitz

Mon deuxième voyage eut lieu un an, jour pour jour après. J’allais cette fois-ci en Pologne avec mon lycée, dans le cadre d’un voyage humanitaire, sportif et spirituel, puisque nous avions décidé de rejoindre, à l’occasion des JMJ, depuis la Bretagne, la ville de Cracovie (mon école était jumelée avec une école sur place). Ce voyage eut lieu à pied, en relais, nous étions chargés de plus d’une tonne de médicaments. Lors de ce second voyage, j’ai pu me rendre dans le camp d’Auschwitz. A presque 20 ans le choc fut terrible, l’horreur apprise dans les livres nous prenait concrètement aux tripes, j’étais au bord de la suffocation tellement, je dois l’avouer, je n’avais pas vraiment été préparé à voir, à découvrir ( ?), à comprendre ce qui s’était passé. Le guide avait été formidable dans la pédagogie. Il y a 20 ans à Auschwitz, je fis le choix de m’engager pour la cause publique. Je serai journaliste pour dénoncer pareille horreur ou je travaillerai auprès des femmes et des hommes politiques pour que plus jamais une telle barbarie ne se reproduise… J’ai été journaliste, je suis ensuite devenu collaborateur d'élus.
Le quai du camp de Birkenau
20 après, ce voyage de la mémoire à Auschwitz prenait encore plus de sens, comme une porte qui s’ouvre à nouveau sur votre propre vie. Partager ces moments douloureux, mais si nécessaires, avec les membres d’une communauté juive qui souffrit au-delà de l'imaginable dans les camps nazis était aussi, pour nous, membres des autres communautés ou personnalités politiques présentes, un moment fort et intense qui permet de souder des amitiés sincères, et de respecter l’autre dans ses choix et ses différences. Parmi les accompagnateurs le Rabbin Dan Mimran, le père François Contamin, curé de la paroisse Saint-Germain et Abdelkader Sebbar, président de la mosquée Essalam ont su, avec les organisateurs Roland Bellahsen, David Tibi et David Sadia, nous dire en quelques mots toute l’importance de ces visites, combien ces heures noires au goût de cendre devaient marquer nos esprits pour que plus jamais nous n’ayons à vivre, où que ce soit, une telle abomination.


20 après, le long de ses baraquements, marchant dans la neige, j’étais fier d’avoir tenu cette promesse que je m’étais faite lors de mon premier voyage, et déterminé à mener ce nouveau cycle au service du bien commun.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire