26 février 2013

Quelle école pour demain ? Une concertation déconcertante



Samedi 23 février 2013 s'est déroulé salle Jacques-Brel à Fontenay, une réunion de concertation portant sur la réforme de l'école. On ne peut que se féliciter de ces initiatives de démocratie locales organisées par les Mairies qui, une fois de plus, doivent se substituer à l’Etat. En effet, peu de temps après son installation, le gouvernement, par la voix de M. Peillon, ministre de l’Education nationale annonçait sa volonté de recentrer ses efforts sur le chantier de refondation de l’école. Ainsi était lancée la concertation « Refondons l’école ». Si les intentions sont louables, la méthode est, en revanche, très discutable. Certaines promesses de campagne mériteraient, en effet, d’être plus réfléchies et mieux préparées avant d’être lancées. Samedi donc, les Fontenaysiens étaient appelés, et 200 au moins étaient présents dans la salle, à réfléchir sur cette question : quelle école pour demain ?


Parmi les nombreux thèmes de réflexion abordés, la semaine de 4,5 jours est sans doute celui qui fait le plus parler ! Instaurer un meilleur équilibre du temps scolaire et périscolaire dans journée et durant la semaine afin de respecter le rythme biologique de l’enfant est, à priori, une volonté partagée par l’ensemble des parents. Mais cela n’a aucune valeur, et cela a été dit à plusieurs reprises, si le rythme de travail sur l'ensemble de l'année n'est pas pris en compte. Mon sentiment est, qu’encore une fois, une réforme semble très mal engagée. On peut être légitimement inquiet sur le devenir de notre école républicaine, publique, laïque et gratuite. L'école qui permet l'égalité des chances.

Alors que les communes auront à supporter des dépenses supplémentaires encore peu clairement évaluées (entre 10 à 15 %), elles n’ont pas été concertées. En effet, des ateliers réunis seulement quelques jours durant l’été (!) et un peu en septembre ne peuvent porter le nom de concertation ! Surtout quand ils ont abordé (survolé même) bien d’autres thématiques que celle qui nous interroge aujourd’hui. Et pourtant… peu de temps après, en octobre, des textes déjà rédigés depuis déjà plusieurs semaines étaient signés …

On peut donc s'interroger sur la manière dont cette réforme est menée, par quelle méthode ? Pour quel objectif ?

- Pour promouvoir une éducation locale qui, par l'inégalité des ressources de nos communes, est source d'inégalité territoriale à l'accès aux apprentissages ?

- Pour saper encore et toujours l'éducation nationale terreau pourtant fertile pour accéder à l’ascenseur social ?

- Pour dévaloriser encore plus les métiers d'animateurs et d'enseignants qui sont pourtant les piliers de notre système éducatif et d'instruction ?

- Pour éloigner encore plus le rôle des parents dans le système éducatif français ?
On peut difficilement faire mieux.

La grande concertation sur cette question qui touche concrètement l’avenir de nos enfants aurait du venir du gouvernement socialiste mais rien n’a vraiment été proposé. En s’attaquant au rythme scolaire et à la durée des vacances d’été (on ne parle d’ailleurs pas des vacances de la Toussaint ou de février…), Vincent Peillon a préféré passer le « polish » sur le capot de la voiture plutôt que de mettre les mains dans le moteur. Il a choisi la facilité et le court terme plutôt que d'accorder à nos enfants la place et les exigences qui leur reviennent de droit.

Nous aurions aimé que le ministre parle de réussite scolaire, de l’évolution du métier de professeur ou d’animateur (puisque le temps périscolaire est amené à augmenter) ou que l’on aborde le contenu des programmes que chaque Ministre de l’Education souhaite alléger très justement mais ne réforme jamais.

Aussi devant autant d’improvisation et de désordre, on ne peut que saluer la démarche des élus locaux et à Fontenay de Monsieur Voguet et de Madame Antoine d’ouvrir cette concertation, même si au final, cela ne changera pas grand-chose. Cela aura au moins permis de mettre en avant une démarche toute naturel et légitime de notre maire et, rendre encore plus visible les ruptures qui existent au sein de la majorité, qu'elle soit locale ou nationale.

Gildas LECOQ et Guillaume JEUNOT

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