12 novembre 2013

Des mots contre les maux

Hier, à Fontenay-sous-Bois comme partout en France et dans de nombreux pays du monde, nous avons célébré le 95e anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918. Bien loin des sifflets et autres injures prononcées vis-à-vis du chef de l’État, attitudes et propos que je trouve choquants et totalement déplacés en ce jour commémoratif, les cérémonies fontenaysiennes se sont, quant à elles, bien déroulées.

En marge de ces cérémonies, nous avons souhaité, au nom de notre groupe, déposer une Gerbe à la mémoire de ces hommes et de ces femmes qui sont tombés pour leur patrie, la France durant la 1ère guerre mondiale. Voici un extrait de l'allocution que j'ai prononcée à cette occasion.



« Quand il y a le silence des mots, se réveille trop souvent la violence des maux » c'est par cette phrase de l’écrivain Jacques Salomé que j'ai souhaité cet après-midi m'adresser à vous même si parfois les cris de ses mots sont si petits pour transcrire ces grands maux, cette citation résume à elle seule la raison de notre présence devant ce monument aux morts. Ce devoir de mémoire que nous accomplissons ensemble, nous permet d'honorer toutes celles et tous ceux qui sont tombés pour défendre leur patrie mais aussi de transmettre l’héritage de tous ces témoins de notre Histoire. Commémorer l’Armistice de la Grande Guerre n’est pas un acte mineur. Car le passé n’est pas un héritage comme les autres : il se transmet à chacun de nous sous la forme d’une responsabilité collective, qui nous lie à ceux qui ont donné leur vie pour assurer cette élémentaire continuité sans laquelle aucune communauté humaine ne peut exister.

Le lundi 11 novembre 1918 à 5 h 10 du matin à l’intérieur d’un wagon isolé, dans la forêt de Compiègne, au carrefour de Rethondes, l’Armistice est signée.  Elle prendra effet à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de 1918. Dans toute la France, les cloches sonnent à la volée. Au front, les clairons bondissent hors des tranchés
et sonnent un «Cessez-le-Feu», si longtemps espéré par des soldats hagards, cassés, blessés mais héroïques. Les canons se sont tus.
La Grande Guerre a pris fin. La «Marseillaise» est reprise en chœur dans les tranchées boueuses, où, les Poilus ont partagé les mêmes souffrances et vécu le même enfer, en espérant, avec la même force, ce jour de paix. Une paix qui survient après 52 longs mois de combats.

Médecin durant la guerre, l’écrivain Georges Duhamel, de l’Académie française, a admirablement décrit le courage de ces hommes : " Entre 1914 et 1918, j’ai soigné plusieurs milliers de soldats français et j’ai conté leur histoire pour être sûr non seulement de la faire connaître mais encore de ne pas l’oublier moi-même, pour conserver pieusement un vestige de tant de souffrances." 
Oui au silence des mots peut se réveiller la violence des maux, et en ce onze novembre, l’acte de mémoire que nous accomplissons, comme tous les Français, mais aussi comme nos amis américains, est bien plus qu’un simple devoir accompli dans le seul respect des combats passés. 
Oui en ce 11 novembre nous commémorons bien plus que la mémoire de celles et ceux tombés lors de la Grande Guerre, nous rendons hommage à toutes ces femmes et à tous ces hommes, qui sont morts pour notre patrie pour défendre quelque part en France ou dans le monde lors de conflits armés, la paix. Une paix si chère et si nécessaire à préserver. Je vous remercie. »







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