14 novembre 2013

Rythme scolaire : le temps de la méthode !

Dans le cadre du chantier de refondation de l’école, le Gouvernement a imposé aux enseignants, aux parents d’élèves et aux communes l’application de nouveaux rythmes dans les établissements scolaires du premier degré (maternelles et élémentaires) dont elles ont la charge dès la rentrée 2013. A Fontenay-sous-Bois comme dans de nombreuses villes de France, la décision de reporter cette mise en place au mois de septembre 2014 a été sagement prise. Les exemples donnés par des villes – Paris en tête – qui ont décidé d’appliquer cette réforme dès la rentrée 2013, montrent que cette précipitation était irresponsable.

Conséquence, aujourd’hui force est de constater que la grève des professeurs des écoles contre les modalités d'application de cette réforme est largement suivie. Si le temps de la concertation avec l’ensemble des acteurs impactés est nécessaire, parents d’élèves et représentants, enseignants, associations et personnels municipaux, tous s’inquiètent des bénéfices pour l’enfant pourtant placé au cœur du débat. En effet, son temps de présence à l’école ne sera pas obligatoirement réduit car les parents travaillent et quelque soit les scenarii les enfants fréquenteront leur école 5 fois par semaine et le rythme de l’enfant n’en sera pas pour autant meilleur. Nombreuses sont donc les difficultés qui ne pourront être levées d’ici le mois de septembre prochain :
  
- la question du recrutement des animateurs diplômés en nombre suffisant pour encadrer des activités de qualité et garantir la sécurité des enfants. A Fontenay quand on sait la difficulté à remplacer un animateur malade, on peut légitimement douter de la question du recrutement quand on annonce 30% d’augmentation des effectifs. Au-delà du recrutement il y a aussi la question de la formation et des règles de sécurité en matière d’encadrement qui elles aussi méritent d’être posées et encore travaillées ;

- la question des locaux disponibles pour organiser les activités. A Fontenay nous connaissons l’état de certains établissements scolaires, de plus d’autres sont aussi exigus, avec des salles dédiées aux activités périscolaires déjà utilisées pour l’enseignement. Enfin les cours de récréation de certaines écoles ne peuvent absorber au même moment la totalité des élèves d’une même structure ;

- la question budgétaire et les dépenses supplémentaires qui devront être supportées par le budget municipal et les familles, quand les dotations de l’État sont encore diminuées. A Fontenay on parle d’une augmentation de 30% de la masse salariale sans compter le coût de nouvelles activités.

A ces nombreux obstacles, s’ajoutent les aides financières de l’État non pérennisées et l’inconnue qui demeure sur les modalités de subventionnement des activités par la Caisse d’Allocations Familiales.

Comme Ségolène Royal, une fois n’est pas coutume, je pense qu’"Il aurait fallu expérimenter avant de la généraliser parce que ce sont des sujets très sensibles". C’est en effet ce qui fut fait avant la généralisation de la semaine de 4 jours par le passé, et sa systématisation fut un succès qui interroge quant aux réels objectifs de ce retour en arrière. Il est donc urgent de s’interroger sur la suite à donner à cette modification des rythmes scolaires !

Je vois plusieurs portes de sortie :

1)   Organiser un bilan détaillé des expériences déjà menées durant l’été afin de tirer le maximum d’enseignements de cette modification des rythmes et d’affiner les budgets à consacrer pour les communes. Une obligation toutefois : reculer au mois de septembre 2015, la systématisation à l’ensemble des communes.

2)    Permettre qu’une dérogation puisse  être accordée aux villes qui souhaiteraient maintenir le rythme de 4 jours, car les besoins dans nos communes ne sont pas identiques sur le tout le territoire.

3)    Le report car une réforme doit avant tout porter une méthode avant d'être imposée et dans le cas présent cette méthode n’existe pas. Avant d’imposer un principe, l’État doit permettre aux collectivités d’adapter leurs structures à cette future modification, notamment en aménageant les locaux. Ce report permet de laisser le temps de s’organiser pour répondre véritablement aux questions soulevées par cette réforme et de trouver les moyens de sa mise en œuvre. En effet le risque de cette application forcée est de se retrouver sur un même territoire avec une mise en application différente selon l’état des équipements publics et donc de proposer une école publique à plusieurs vitesses dans une même ville…

Pour ma part j’opte pour la solution numéro 3.

En effet, poser les choses, ne pas seulement concerter pour concerter, mais bien réfléchir sur le long terme voilà la véritable réponse à ce projet de refondation de l’école. Cette méthode s’appelle l’accompagnement au changement et c’est sans doute au-delà de la simple question scolaire ce qui manque au gouvernement pour réaliser sereinement son projet.

Oui la question des rythmes scolaires doit être abordée, oui la question de la refondation de notre système éducatif doit être aussi posée. La dichotomie qui existe actuellement dans ce projet entre le temps de l’enfant sous l’égide de l’éducation national et le temps péri-scolaire géré par les communes ne pourra jamais être levée si la mise en cohérence des modalités de pilotage ou de co-pilotage n’est pas clairement définie.  

Une fois encore, sur une question aussi importante que l’éducation de nos enfants le gouvernement navigue à vue et confond vitesse et précipitation. Notre groupe pour sa part refuse ce principe et cette méthode.

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