22 janvier 2015

Au dernier conseil - Hommage aux victimes des attentats

Hier soir à l'occasion du conseil municipal nous avons souhaité rendre hommage aux victimes des attentats voici le texte que j'ai lu au nom de notre groupe Ensemble, réveillons Fontenay.

Monsieur le Maire,
Mes chers collègues, 
Mesdames et Messieurs,


Mercredi 7 janvier, nous avons tous été saisis d’émoi par cet acte barbare perpétré au sein de la rédaction de Charlie Hebdo, et saisis d’effroi en réalisant que ce crime avait été commis en plein Paris par des citoyens français.


Douze victimes tuées parce qu’elles travaillaient pour la presse dans une totale liberté d’expression, l’un des socles de notre démocratie. Douze victimes tuées parce qu'elles étaient journalistes ou assuraient leur protection et la sécurité de tous, parce qu'elles se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment.

 
Jeudi 8 janvier c’est une policière municipale qui a été abattue froidement dans le dos. Cette jeune policière stagiaire, Clarissa Jean-Philippe, est venue rejoindre la liste des policiers tués, lors de ces horribles attentats. 


Trois serviteurs de l’État, tués parce qu’ils représentaient l’ordre et la sécurité publique, parce qu’ils avaient un idéal, celui de servir la République.
 

Vendredi 9 janvier, l’horreur a gravi un échelon supplémentaire avec l’assassinat de 4 autres personnes à quelques centaines de mètres de notre ville. 4 victimes qui, à la veille du shabbat, allaient simplement faire leurs courses dans un supermarché casher. Parmi ces quatre victimes l’une d’elle, François-Michel Saada, était Fontenaysien. Nous nous associons à la peine de sa famille et avons apporté à la communauté juive de Fontenay tout notre soutien. 

Ce vendredi, la barbarie et la haine faisaient quatre morts supplémentaires abattus parce qu’ils étaient juifs.

 
Ce sont 17 personnes qui sont mortes, 17 victimes assassinées car ils étaient aux yeux de leurs bourreaux : journalistes, policiers ou juifs. 17 morts connus ou anonymes, d’opinion, d’origine et de croyance différentes. Ils avaient un point commun : celui de représenter, comme nous tous, la République, de représenter la France. 
Vous me permettrez également d’avoir une pensée pour les familles endeuillées, pour les enfants orphelins de ces victimes, mais évidemment aussi pour les survivants qui ont vécu et subi ces attentats, les otages de l’hypercacher qui durant de longues heures ont, eux aussi, vécu l’inqualifiable.


Au-delà des visages et des noms de ces terroristes, c’est l’islamisme radical qui agit à découvert, inoculant la terreur et le chaos dans notre République. Mais dimanche 11 janvier les Français et plus largement les citoyens des pays du monde entier ont porté un message fort d’espoir et de résistance face à cette barbarie.
Malgré ces heures sombres, sans oublier, ces femmes et ces hommes, ces amis, tués lâchement parce qu’ils représentaient notre République dans sa diversité, la vie doit continuer.


Notre pays doit faire preuve dans la plus grande unité, de la plus grande fermeté vis-à-vis de ceux qui tentent, au nom d’une religion qu’ils usurpent, d’imposer une autre loi que celle de notre République.

 
A Fontenay-sous-Bois, nous avons cette chance d’avoir des représentants des différents cultes religieux qui se parlent, s’écoutent, dialoguent. Nous avons cette chance, nous élus locaux, de les rencontrer régulièrement et de chercher, à chaque fois que cela est possible, à les aider, à trouver des solutions aux difficultés auxquelles ils doivent et peuvent faire face.
Le dialogue interreligieux doit être en adéquation avec les conceptions républicaines de citoyenneté et de laïcité.


La citoyenneté est cette étape nécessaire, c’est la mise en œuvre de la lutte contre toutes les discriminations, c’est la condition primordiale pour que nous soyons tous des citoyens français à égalité de droits et de devoirs, pour que puisse alors s’épanouir la laïcité qui doit garantir la liberté à chacun.


Elle est faite pour vivre ensemble et non pour condamner, ou pire pour stigmatiser l’un ou l’autre de nos concitoyens. La laïcité permet à chacun d'exprimer ses convictions, ses idées, sa foi, elle laisse à chacun la liberté de pratiquer ou non une religion tout en veillant à ce, qu’à l’ombre de la République, ne murisse pas le fruit de la misère, de l’exclusion, qui nourrit la haine, l’intégrisme et la tentation du fanatisme.


Si nous, élus locaux, n’y prenons pas garde, ce fanatisme peut se développer dans nos quartiers, dans nos écoles. Il peut prospérer lorsque la République, dont nous sommes les représentants, abandonne, quand l’apprentissage de la citoyenneté faillit, ne donnant plus la place qu’il doit avoir à chacun de nos concitoyens et qu’enfin la laïcité cède devant les communautarismes. 


Dès lors, ce sont les jeunes, sans doute les moins parés pour affronter ce venin, qui en sont les premières victimes. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas, laisser ces jeunes de nos quartiers céder aux sirènes de ces fanatiques. Depuis des années en région parisienne, de nombreuses associations n’ont cessé d’alerter contre ce venin rampant de l’islamisme qui déjà infectait notre société en perte de repères. Il ne faut pas faire d’amalgame, nous en sommes tous d’accord, tous nos jeunes ne sont pas concernés par ce fléau mais ils doivent, quels que soient leur quartier ou leur ville, se sentir concernés, se sentir citoyens à part entière avec droits et devoirs, pour mieux défendre d’une seule et même voix la République quand elle est en danger. 


L’école de la République est un lieu de transmission, de connaissances, de savoirs et de respect. Transmission de nos valeurs républicaines et de tolérance, connaissance de notre histoire, celle de notre pays mais aussi de nos religions, respect de l’égalité entre les sexes et de celui du respect du droit des femmes. Faisons de nos écoles le fer de lance de certains territoires aujourd’hui abandonnés en y mettant les moyens financiers nécessaires, entre autre, pour que l’enseignement se fasse dans de bonnes conditions. C’est une action concrète que nous collectivité avons les moyens de faire pour peu que nous en ayons l’ambition. Si certains doutent encore, il nous appartient par une approche didactique de leur expliquer cette nécessité, sans stigmatisation ou arrogance mais bien dans le respect de chacun et avec la République comme concorde.


Face au chaos et à la barbarie, face à cette guerre aujourd’hui déclarée, les élus et les exécutifs communaux ont aussi des responsabilités qu’il convient de regarder avec honnêteté et courage. Des responsabilités en matière de sécurité par exemple, nos concitoyens, au regard de ces événements, peuvent avoir légitimement peur. La vidéoprotection est l’une des réponses quand on sait combien elle a servi à aider les services de police dans leur enquête. D’autres leviers doivent être actionnés dans le nécessaire dialogue mais avec une volonté clairement affirmée. L’attente ou les balbutiements, en pareille période, peuvent se révéler des facteurs aggravants.
 

Les dramatiques événements des jours derniers ont amené un grand nombre d’habitants à nous poser cette question simple : « Et Maintenant ? ».

Maintenant, il faut relever la tête et continuer à remplir nos missions, inlassablement en ayant pris en compte ce nécessaire besoin de réaffirmer le socle qu’est la République dans notre société, de renforcer la citoyenneté pour permettre de mieux vivre notre laïcité à la française, notamment vis-à-vis des plus jeunes de notre ville. Comme le disait Jean Rostand, « former les esprits sans les conformer, les enrichir sans les endoctriner, les armer sans les enrôler, leur communiquer une force dont ils puissent faire leur force, les séduire au vrai pour les amener à leur propre vérité, leur donner le meilleur de soi sans attendre ce salaire qu’est la ressemblance ». Voilà mes chers collègues ce que nous souhaitions dire au nom de notre groupe. Nous le devons à nos concitoyens qui vivent dans notre commune, nous le devons aussi à ces victimes qui ne doivent pas être mortes pour rien.

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