22 mai 2015

Au dernier Conseil municipal

Hier soir se tenait le conseil municipal de Fontenay. Si d'habitude l'ordre du jour est important, il n'est pas faux de dire que celui d'hier n'annonçait pas,a priori, de "révolution". Pourtant alors que nous déroulions point par point les délibérations du jour, notre groupe a assisté, médusé, à la "guerre des (extrêmes) gauches". Ubuesque et pathétique.

Comment peut-on imaginer un instant que des élus votent contre la loi sous prétexte qu'ils ne l'apprécient pas ? C'est en substance le raisonnement que l'on peut tirer du premier débat auquel nous avons assisté hier soir au sujet de la convention entre la ville et l'école privée Jeanne d'Arc, relative aux dépenses de fonctionnement. Au traditionnel débat école publique - école privé s'est greffé la position d'élus voulant afficher publiquement leur laïcité radicale. Notre groupe, à l'unanimité, a voté cette délibération, permettant à Monsieur le Maire, devant les absentions et votes contraires de certains élus de sa majorité, de la faire passer.

A titre personnel, comme l'ensemble de notre groupe, je défends également les nécessaires valeurs de laïcité sur lesquelles notre République s'appuie. Toutefois, la loi faisant foi, il était normal que des élus de la République la respecte et votent cette délibération. Mais au-delà, penser qu'en participant aux dépenses de fonctionnement des écoles privées catholiques sous contrat, nous ne faisons pas preuve d'un esprit laïc, c'est faux et réducteur. Au lendemain des tragiques événements du mois de janvier, j'avais dit ceci en séance du conseil : " (...) La citoyenneté est cette étape nécessaire, c’est la mise en œuvre de la lutte contre toutes les discriminations, c’est la condition primordiale pour que nous soyions tous des citoyens français à égalité de droits et de devoirs, pour que puisse alors s’épanouir la laïcité qui doit garantir la liberté à chacun. (...) La laïcité permet à chacun d'exprimer ses convictions, ses idées, sa foi, elle laisse à chacun la liberté de pratiquer ou non une religion, tout en veillant à ce qu’à l’ombre de la République, ne mûrisse pas le fruit de la misère, de l’exclusion, qui nourrit la haine, l’intégrisme et la tentation du fanatisme. (...) L’école de la République est un lieu de transmission, de connaissances, de savoirs et de respect. Transmission de nos valeurs républicaines et de tolérance, connaissance de notre histoire, celle de notre pays mais aussi de nos religions, respect de l’égalité entre les sexes et respect du droit des femmes. Faisons de nos écoles le fer de lance de certains territoires aujourd’hui abandonnés, en y mettant les moyens financiers nécessaires, entre autre, pour que l’enseignement se fasse dans de bonnes conditions. C’est une action concrète que nous, collectivité, avons les moyens de faire pour peu que nous en ayions l’ambition.
Autre différend entre membres de la majorité : l'approbation d'une convention de partenariat avec le groupe privé "1001 crèches" permettant à la ville de bénéficier de 10 berceaux ouverts à des familles fontenaysiennes. Débat public - privé encore une fois, qui me semble d'un autre temps quand on connaît les difficultés que vivent un très grand nombre de familles dans notre ville pour trouver des solutions de garde. Quand certains s'interrogent en séance, nous préférons l'action et le service du public. Notre groupe, à l'unanimité, a voté cette délibération permettant à Monsieur le Maire, devant les absentions et votes contraires de certains élus de sa majorité, de la faire passer.

Gildas LECOQ

3 commentaires:

  1. Ce que vous dites est faux concernant les crèches. Vous laissez croire que cela permettra à la ville de bénéficier de 10 places de crèche en plus, alors que le contrat réserve des places déjà existantes au profit des employés du privé. Cela ne change rien à la capacité d'accueil de la ville.

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  2. Au profit de Fontenaysiens ! arrêtez de monter les gens les uns contre les autres ! Pensez un peu à l'humain avant de vous laisser aveugler par votre dogme dépassé.

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    1. Les places en crèche existantes étaient également au profit de Fontenaysiens. Ça ne change rien.
      Nous n'aurons que très peu de droit de regard sur les critères d'attribution aux employés. Ce n'est pas une avancée pour les fontenaysiens.

      Il n'y a aucun dogme dans ce que je défend, mais un pragmatisme pur : la capacité d'accueil n'augmentera pas, la condition dérogatoire de permettre aux enfants d'aller à la crèche jusque 4 ans va à l'encontre de l'encouragement à la scolarisation dès la maternelle, et ces 10 places seront en moins pour les fontenaysiens non employés par les entreprises partenaires.

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