25 avril 2016

La culture en mauvaise posture

Cet article du Parisien du jour m'offre la possibilité de reparler de la politique culturelle dans notre ville.

Artcité va mal. Son président le dit et le répète chaque année, la subvention versée par la ville n'est pas à la hauteur de l'événement pourtant proposé durant un mois à Fontenay-sous-Bois.

Le Comptoir va mal. L'appel aux dons, désormais annuel, montre combien il est difficile pour la ville de soutenir seule cet événement et ce lieu pourtant chaleureux et artistiquement agréable.

Malgré tout cela, l'équipe municipale persiste et signe sur le projet du théâtre quand la priorité serait déjà de pérenniser l'offre culturelle existante. A notre demande de report de ce projet, afin de financer la rénovation d'écoles ou de consolider l'offre culturelle actuellement proposée, le maire ne cesse de répéter à qui veut l'entendre, ou encore le croire, que nous serions contre la culture. La réplique est bien rodée et je ne doute pas que son successeur la reprendra in extenso. Elle est tellement bien rodée que le raccourci présenté va même plus loin.

Schématiquement cela donne ça : Vous ne souhaitez pas que le théâtre soit la priorité du moment donc vous êtes contre le théâtre (Ndlr : ce qui est faux), si vous êtes contre le théâtre c'est que vous êtes contre la culture (Ndlr : ce qui est évidemment faux), si vous êtes contre la culture c'est que vous êtes contre la liberté (Ndlr : ce qui est une fois encore totalement faux), si vous êtes contre la liberté c'est que vous êtes fasciste (Ndlr : ce qui est faux, mais faut-il même l'écrire), donc vous êtes d'extrême droite et Marine Le Pen gagnera grâce à vous (Ndlr : ce qui est encore totalement faux évidemment).

L'opposition que les élus de notre groupe porte contre le projet de théâtre est surtout liée, nous l'avons déjà dit et écrit des dizaines de fois, à l'opportunité actuelle de cet équipement nouveau, à la question budgétaire au regard de nos finances locales, à la situation du projet loin des transports en commun et sans parking, notamment.

Évidemment, malgré les 100 000 000 d'euros de dette, c'est plus la question des coûts de fonctionnement (Ndlr : bien plus que les 150 000 euros annoncés) qui interroge sur ce nouvel équipement dont l'utilité et l'attente n'émanent pas du public et des contribuables.

Avec 12 millions d'euros d'investissement, si la municipalité était véritablement le défenseur de la culture populaire comme elle le revendique à tort régulièrement, elle devrait alors investir dans la réhabilitation de la médiathèque par exemple. C'est pour ma part ce que je ferais.

En effet, la médiathèque Louis-Aragon est un lieu d'échange et de transmission qui accueille le plus de public provenant de l'ensemble des quartiers de notre ville. En investissant dans sa réhabilitation nécessaire et urgente, à la différence du projet de Théâtre, la ville offrirait un lieu à la fois moderne, adapté à la demande des utilisateurs et surtout moins cher à entretenir au quotidien.

Non, se poser la question de l'opportunité du projet de théâtre ce n'est pas faire le jeu du Front national, comme le claironne la majorité municipale. Quand on voit la difficulté que traversent le Comptoir et Artcité, quand on voit l'état de notre médiathèque municipale, notre position défend très concrètement la place de la culture dans notre ville.

En revanche s'enferrer dans cette fausse posture de défenseur de la culture comme le fait la majorité municipale, donne l'impression que les politiques sont déconnectés de la réalité et cela incite les électeurs à aller voir ailleurs... La meilleure réponse face aux extrêmes reste et restera l'action pragmatique, pas les mots ni les postures.

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