11 novembre 2016

11 novembre : le temps ne pourra jamais nous exonérer du devoir de mémoire

En ce 11 Novembre 2016, nous nous sommes réunis au pied du Monument aux Morts de Fontenay-sous-Bois pour commémorer le 98e anniversaire de l’Armistice de 1918. Nous avons honoré la mémoire de tous ceux qui ont combattu pour la France au cours de la Première Guerre Mondiale et des millions de femmes et d’hommes qui y ont perdu la vie.

Je suis de ceux qui considèrent que le temps ne pourra jamais nous exonérer de ce devoir de mémoire. 98 années ne peuvent suffire à effacer l’horreur des tranchées, les épreuves insoutenables endurées par cette génération sacrifiée et la souffrance de ces millions de jeunes hommes ravagés par un des plus grands drames de notre civilisation, laissant dans leur sillage des familles endeuillées et le goût amer du sang versé pour la patrie.

Cette flamme du souvenir que nous avons en quelque sorte collectivement allumée ce matin est avant tout une marque de respect. Une marque de respect pour les enfants de la France qui ont enduré quatre années de souffrances indicibles. Une marque de respect pour cette génération martyre, fauchée par la barbarie alors que rien ne l’y préparait.

Au-delà des horreurs du front, c’est en effet d’une génération toute entière dont nous devons nous souvenir aujourd’hui. Qu’ils furent soldats ou civils, ils appartenaient tous et toutes à la même génération, celle qui n’avait pas vu venir la Grande Guerre et qui a subi dans l’effroi et la tourmente la plus ignominieuse des déferlantes guerrières que l’Histoire ait imposé aux Hommes. Nous devons ce matin nous souvenir de cette génération du “Monde d’Hier” si bien décrite par Stefan Zweig. Ces femmes, ces hommes, ces enfants bercés par l’illusion de la paix, indifférents au danger, chez qui, pour reprendre les mots du grand Européen qu’était Zweig, “tout évènement extrême, toute violence paraissait presque impossibles dans une ère de raison”. Le temps des guerres et des conflits meurtriers était révolu. Ils avaient foi en l’avenir. L’Histoire leur a apporté le pire des démentis.

Cette année, l’acte de mémoire que nous avons accompli revêtait une signification particulière. L’année 2016 marque en effet le centenaire de la bataille de Verdun, l'horrible apothéose de la guerre civile européenne. 9 mois d’horreur où en laissant 300 000 de ses enfants agoniser dans des circonstances effroyables, c’est toute la civilisation européenne qui fut meurtrie. C’est moins connu du grand public mais 2016 marque aussi le centenaire des tentatives de paix qui émergèrent des quatre coins de l’Europe pour mettre un terme à l’horreur. Les proposition de “paix blanche” sans vainqueurs ni vaincus ont certes échoué. Mais elles portaient en elles un message de paix et d’espoir singulier auquel nous devons plus que jamais nous rattacher.

A l’heure où de trop nombreuses voix s’élèvent dans le paysage politique pour accabler l’Europe de tous les maux, prenons la peine à chaque fois que cela nous est possible de contempler le chemin parcouru. Jetons un regard sur le siècle qui s’est écoulé et mesurons l’ampleur du redressement. Mesurons la puissance de caractère et la force mentale des peuples européens qui sur les ruines du drame de Verdun, ont construit un espace de paix et de coopération unique au monde en l’espace de quatre générations seulement. C’est parce que je suis fier de cette Histoire que je suis un citoyen européen depuis le début de mon engagement politique : citoyen de l’Europe comme construction politique, citoyen d’un espace commun qui ne partage ni langue ni religion mais une Histoire commune de réconciliation et de tolérance dont la singularité fait notre force et notre grandeur.

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