04 février 2017

Lutte contre le chômage : nous n’avons pas tout essayé !

« Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé”. Entre cette phrase prononcée par François Mitterrand et le constat pathétique “je n’ai pas eu de bol” de François Hollande sur les chiffres du chômage, vingt-cinq ans nous séparent. Vingt-cinq années d’échec des politiques publiques pour l’emploi.

Benoît Hamon, candidat du Parti Socialiste, s’inscrit dans cette lignée. Il s’apprête à faire campagne sur le renoncement des responsables politiques en matière de lutte contre le chômage. A ses yeux, nos sociétés modernes sont condamnées au chômage de masse : le revenu universel est devenu notre seule issue de secours et nous devons accepter cette redistribution de la misère comme une fatalité.

Je ne peux m’y résoudre. Cet état d’esprit symbolise ce contre quoi s’inscrit mon engagement politique : le renoncement et le déclinisme d’élus déconnectés de la vie quotidienne des Français qui n’ont plus l’envie ni la capacité de changer les choses. Ils ont abdiqué. Et le succès des partis populistes se nourrit justement de cette abdication des responsables politiques !

Les mesures structurelles permettant de lever les freins à la création d’emploi existent : la France n’est pas condamnée à faire moins bien que ses voisins !

Faire croire que la fin du travail est une conséquence de la mondialisation est un mensonge. Nos voisins britanniques, grâce à des politiques structurelles concrètes entreprises par une coalition de la droite et du centre, ont fait durablement tomber le chômage à 5% de la population active. Nos voisins allemands, avec 4,2% de chômage, ont atteint le plein emploi. Pourquoi renoncerions-nous aussi à raccrocher les wagons ?

Pour redonner espoir et confiance aux français, notre pays doit se réinventer et conduire des politiques publiques nouvelles, plus justes et plus efficaces. Les mesures structurelles permettant de lever les freins à la création d’emploi existent mais encore faut-il avoir le courage politique de les mettre en œuvre.

Je pense notamment au relèvement des seuils sociaux, à la mise en place d’un contrat unique plus souple pour mettre fin aux emplois précaires ou à l’allègement du Code du Travail pour plus de sécurité juridique et plus de négociations au niveau des branches et des entreprises.

Notre autre levier de performance concerne bien sur le coût du travail. Notre modèle social français est né au sortir de la Seconde Guerre mondiale sur la base du programme de réformes économiques et sociales adopté par le Conseil national de la Résistance. 70 ans plus tard, à l’heure de la mondialisation, de l’économie numérique n’est-il pas venu le temps d’imaginer un nouveau mode de financement de notre nécessaire protection  sociale ?

L’idée que ma famille politique défend depuis des années est simple : si l’on veut sauver cette protection qui nous assure contre tous les risques sociaux,  son mode de financement ne doit plus passer uniquement par des cotisations obligatoires sur le travail.

Aujourd’hui, lorsqu’un chef d’entreprise dépense 130 euros pour rémunérer un salarié, le salaire net touché par ce dernier est compris en moyenne entre 65 et 70 euros. Ce niveau de prélèvements obligatoires n’est plus tenable : il constitue un frein à la compétitivité-prix de nos entreprises, il les empêche d’embaucher, et surtout, il pèse  gravement sur le pouvoir d’achat des salariés !

Il faut donc élargir la base fiscale permettant de financer le coût de notre protection sociale en faisant contribuer nos importations au lieu des seuls entreprises et salariés français. Une augmentation de la TVA de 2% induirait une baisse massive des cotisations patronales et salariales de l’ordre de 50 milliards d’euros. Elle aurait un impact favorable pour la compétitivité des entreprises françaises à l’export, pour le salaire net des français et stimulerait les offres d’emploi.

L’élargissement de la base fiscale par laquelle nous finançons notre protection sociale est une solution pragmatique qui a fait ses preuves à l’étranger. Tous les pays qui ont fait le choix de financer leur protection sociale publique par des ressources fiscales générales comme l’Australie, le Danemark ou la Nouvelle-Zélande atteignent aujourd’hui des taux de chômage proches d’une situation de plein emploi.

Mais parfois mal expliquée, cette proposition peut générer beaucoup de fantasmes et d’idées fausses auxquels je tenais à apporter des précisions nécessaires.

* Premièrement, la hausse de la TVA proposée par notre famille politique préserverait les plus fragiles car elle ne concernerait pas le taux réduit des produits de première nécessité.


* Deuxièmement, une hausse de la TVA de 2% ne diminuerait pas le pouvoir d’achat des français : les entreprises seraient conduites à répercuter la baisse des cotisations patronales en baissant leurs prix Hors Taxe, compensant ainsi entièrement la hausse de la TVA. Chez nos voisins, la baisse des prix a d’ailleurs excédé l’augmentation de la TVA, à l’image du Danemark en 1987 ou de l’Allemagne en 2007 qui ont tous deux contenu leur niveau d’inflation bien en-deça des gains de pouvoir d’achat net générés par la baisse des charges.

* Troisièmement, la TVA dite de compétitivité permettrait même d’augmenter la rémunération nette des salariés. En effet, en optant pour une baisse massive des charges qui soit équilibrée entre les cotisations salariales et les cotisations patronales, une telle mesure aurait des conséquences positives directes sur la fiche de paye des salariés.

    
Pour une logique globale de décentralisation de nos politiques de retour à l’emploi : le succès du Réseau National des Missions Emploi

Ce projet législatif que je défends et dans lequel j’inscris ma candidature doit permettre de créer un environnement favorable à la création d’activité. Il est indispensable. Il doit aussi s’accompagner d’un changement de philosophie et d’attitude en matière de politiques de l’emploi.

Aujourd’hui, la France souffre notamment d’une inadéquation des offres et des demandes d’emploi : nous avons d’un côté près de 6 millions de chômeurs et de l’autre 600.000 offres d’emplois non pourvues ! Le problème de la mise en relation entre les entreprises et les demandeurs d’emploi est réel : dans notre circonscription, je rencontre régulièrement des chefs d’entreprise, des artisans ou des commerçants qui se disent prêts à embaucher mais qui ne trouvent pas les profils dont ils ont besoin.

Pour y remédier, je reste convaincu que nous devons élargir nos méthodes d’accompagnement des demandeurs d’emploi. En parallèle du travail fourni par les différents organismes qui existent déjà et font un travail remarquable sur notre territoire comme la Mission Locale pour l’Emploi des Jeunes 18-25 et le Pôle Emploi, il faut encourager de nouvelles initiatives. Des dispositifs innovants qui promeuvent une gestion des politiques de retour à l’emploi plus décentralisée, plus proche du tissu entrepreneurial territorial.

A ce titre, le principe d’encourager sous la forme d’une délégation de service public les structures  promouvant des méthodes d’insertion professionnelle innovantes et ayant des résultats probants me paraît intéressante. Elle a fait ses preuves à l’étranger : l’ouverture de l’accompagnement des chômeurs à la concurrence en Australie a permis de faire baisser le chômage de 8,5% en 1995 à 6,4% en 2002 ! La réforme de nos politiques d’accompagnement au retour à l’emploi sera un des enjeux du quinquennat à venir. Quelles que soient les modalités retenues par le législateur, il est impératif à mes yeux d’intégrer cette nécessité d’une logique plus décentralisée, plus proche des bassins d’emplois et des entreprises et tout simplement plus pragmatique.

Mais vous le savez, en tant qu’élu local, la politique est avant tout pour moi un engagement concret : agir sur le terrain et faire émerger des solutions à vos problématiques quotidiennes. A ce titre, j’ai été très heureux d’appuyer mardi l’initiative lancée par l’association Appellation d’Origine Citoyenne (A.O.C) dont je suis le fondateur, en partenariat avec le Réseau National des Missions Emplois.

L’objectif de cette structure indépendante est de développer un accompagnement personnalisé au retour à l’emploi pour mettre en avant plus rapidement et plus efficacement les offres d’embauche venant d’entreprises locales. La première Mission emploi de Drancy a été un succès : plus de 1700 drancéens ont déjà trouvé un poste en C.D.I, en C.D.D ou en formation.

Avec l’initiative d’A.O.C, le réseau national des Missions Emploi s’est implanté pour la première fois dans le Val-de-Marne. L’opération a été une vraie réussite avec plus de 60 demandeurs d’emplois ayant participé à cette session de recrutement de candidats en recherche d’emploi pour des postes à pourvoir dans le Val-de-Marne.

Cette action concrète pour donner des perspectives d’avenir ​à des demandeurs d’emploi de tout âge et d’horizons professionnels divers va dans le bon sens. Elle est aussi un motif d’espoir : face au chômage, il n’y a pas de place pour le renoncement ! Nous avons plus que jamais besoin d’une nouvelle majorité parlementaire qui défende nos valeurs de la droite et du centre et qui composée d’hommes et de femmes ayant l’envie et la détermination d’agir avec pragmatisme.

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