09 novembre 2017

Stop à la campagne de désinformation sur la suppression du département !

Au mois de décembre, Emmanuel Macron va probablement annoncer la suppression des trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis).

Une campagne de désinformation des communistes pour préserver leurs intérêts
Si cette réforme peut légitimement interpeller et faire débat, elle semble en revanche outrageusement déranger et effrayer la majorité communiste qui dirige le département du Val-de-Marne depuis 41 ans, et qui assiste avec horreur à la disparition prochaine de son pré carré.

Dans le dernier département communiste de France, la lutte pour la préservation des intérêts particuliers de ceux qui dirigent la collectivité est lancée. Leur campagne de communication, aux frais du contribuable, consiste à marteler une contre-vérité simple mais efficace : la suppression du département équivaut à supprimer l’ensemble des politiques publiques menées par le département.

Ainsi, en supprimant le département, le Gouvernement s’apprêterait à supprimer la construction de collèges, les parcs départementaux, l’aide au logement social, à la rénovation urbaine, aux clubs sportifs locaux, aux structures culturelles, et même au projet du Grand Paris Express, ce que le président Christian Favier a sous-entendu dans un communiqué de presse. On croit rêver !

Un appel à la raison et à l’honnêteté


Cette campagne repose évidemment sur un mensonge : supprimer la structure du département n’implique pas de supprimer purement et simplement ses compétences ! Qui peut imaginer qu’en supprimant le département, le Gouvernement s’apprête à cesser la rénovation des collèges ou à geler le versement du RSA ?

Si le Conseil Départemental disparaît, le Gouvernement réattribuera très logiquement les compétences d'attribution décentralisées dévolues jusqu’à présent au département. Ce sera d’ailleurs l’un des enjeux des mois à venir : déterminer avec intelligence les échelons les plus pertinents pour mener des politiques de proximité plus efficaces, notamment en matière d’action sociale.

Supprimer le département en région parisienne, une idée intéressante à discuter !
Je le dis comme je le pense, l’objectif visé va dans le bon sens : simplifier le millefeuille territorial de la région parisienne ne doit plus être un objectif proclamé sans jamais en tirer les conséquences, c’est une nécessité. Avec les communes, les territoires, les départements, la Métropole et la Région Ile-de-France, il y a aujourd’hui plus de 5 échelons de collectivités qui cohabitent. C’est une vraie anomalie : en comparaison, il n’y en a que deux à Londres, pour une population équivalente à celle de toute la Région Ile-de-France.

Une simplification de cette organisation francilienne permettra d’éviter l’enchevêtrement des compétences qui dilue les financements et les énergies ; bref, de mener des politiques publiques plus efficaces et moins coûteuses pour les contribuables.

Je me souviens de la promesse de campagne d’Emmanuel Macron : si je ne partage pas tout avec le président de la République je le rejoins pourtant sur cette question : là où des phénomènes métropolitains émergent, que ce soit à Paris, à Lyon, à Marseille ou à Lille, le maintien du département peu en effet se poser.

Qui peut sérieusement penser que les frontières départementales, pensées et conçues en 1789, sont encore pertinentes en 2017 ? Le département est une collectivité qui ne permet plus d’englober des bassins de vie effectifs et d’appréhender les nouvelles structurations spatiales de l’espace urbain.

Je crois pour ma part que dans sa représentation future, la Région, en sa qualité d’institution, devra modifier son mode de désignation pour se doter d’élus régionaux issus d’un maillage cantonal ou territorial imposé pour permettre une représentation effective de proximité.

Le cœur de toute réforme territoriale à venir doit être basé sur le rapprochement du pouvoir politique et des citoyens. Je souhaite ainsi que l’on redonne plus de prérogatives et de leviers financiers aux Maires : leur proximité et leur connaissance des réalités économiques et sociales les rend plus aptes à conduire des projets gagnants pour les habitants. La suppression de la taxe d’habitation risque de ce fait de réduire leurs marges de manœuvre.

La Conférence territoriale pour « refonder » la métropole du Grand Paris, annoncée par Emmanuel Macron, devra permettre d’y voir plus clair sur les intentions du gouvernement.

En attendant, soyons raisonnables : l’engagement politique implique de tenir un discours de vérité et de responsabilité. La préservation d’intérêts particuliers ne justifie pas de telles contorsions intellectuelles ni l’utilisation des deniers publics.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire