31 janvier 2018

Commerce de proximité à Fontenay : nos propositions

Le commerce de proximité participe au dynamisme et à l'animation de nos quartiers. C'est une chance qu'il convient de soutenir et d'accompagner. Avec Geneviève Louicellier-Calmels, Franck Renaud et Florian James nous sommes allés à la rencontre des commerçants de nos quartiers ! Le constat est unanime, Fontenay a besoin de changer de méthode et de dessiner une nouvelle dynamique, c'est le projet que nous portons pour vous à Fontenay.

Les commerçants dans leur très grande majorité nous ont confié leurs craintes sur la pérennisation de leurs établissements, les problèmes de stationnement pour leurs clients mais ils ont également abordé avec nous la nécessaire revitalisation commerciale de nos artères commerçantes.

C'est sans doute une évidence, mais il convient de la rappeler : les commerçants sont les premiers acteurs de la vitalité commerciale d’une ville, individuellement en tant qu’entrepreneurs et collectivement par une coordination de l'ensemble de leurs commerces.

Un récent rapport du Ministère de l’Économie rappelle que "Si le commerce en centre-ville est avant tout dépendant du contexte socio-économique de son territoire, il est aussi très sensible au bon équilibre des concurrences au sein de l’appareil commercial ainsi qu’à la qualité de son environnement."

Il est donc important que toute ville ait une vision claire sur le développement de ses artères commerçantes. Fontenay ne peut déroger à cette règle.

Nous ne cessons de le dire, notre ville doit avant tout définir un plan stratégique pour le développement du commerce de proximité à Fontenay. Ce plan doit s'élaborer en concertation avec les commerçants, les associations et conseils de quartiers, mais également avec l'ensemble des élus toutes tendances politiques confondues.

Cette stratégie doit tenir compte de l'histoire et de la géographie de notre commune, de l'évolution des habitudes d'achats des habitants notamment avec le commerce en ligne et enfin aurait dû être complètement intégrée au PLU ce qui n'est malheureusement pas le cas. Elle doit enfin intégrer les points d'attractivité potentiels pour s'adresser non seulement à ses habitants, mais également aux clients des villes riveraines ou voisines.

A nos yeux le renforcement de la qualité de cet environnement commercial passe par plusieurs étapes :
- Un traitement qualitatif de l'urbanisme de ces quartiers commerçants (obligation de ravalement,...),
- Une amélioration de l'état de nos rues et de leurs trottoirs (élargissement, nettoyage,...).
- L'intégration obligatoire de cellule commerciale en rez-de-chaussée dans les nouvelles constructions le long ou à proximité d'artères commerçantes.

Il conviendra ensuite d'animer et de coordonner ces acteurs commerçants locaux. Les associations ou collectifs de commerçants doivent pouvoir maintenir un dialogue constant entre eux et avec les services de la ville au sein d'un groupe de travail englobant l'ensemble des quartiers. Sans vision mutuelle et globale une bonne stratégie ne pourra pas être mise en œuvre.

Le développement d'Auchan à la périphérie de notre commune est évidemment, l'une des nombreuses raisons de la dévitalisation du commerce de proximité. Mais ce qui était une réponse hier ne l'est plus forcément de la même manière aujourd'hui.  
Un travail sur la complémentarité entre nos différentes artères commerciales avec le pôle Auchan constitue un enjeu majeur de développement durable qu'il convient aussi de travailler. Défendre le commerce de proximité ce n'est pas faire la guerre à ce centre commercial, c'est définir une offre complémentaire. 

On le constate chaque jour, les gros centres commerciaux cèdent le pas petit à petit à des supermarchés de quartier (Franprix, Carrefour Market,...) c'est une chance à saisir car ces locomotives commerciales peuvent à l'instar de Monoprix rue Dalayrac drainer une clientèle et permettre aux autres commerces de bénéficier de cette attractivité.

Aujourd'hui il est urgent de constituer un comité de pilotage pour la revitalisation du commerce de proximité. Parmi les acteurs à inviter outre les élus et les services municipaux et les commerçants, il faut y convier les réseaux consulaires, les commerçants non-sédentaires, les bailleurs, les associations et conseils de quartier,... La ville a un rôle de moteur qu'elle doit jouer et faire savoir.

Enfin, l’accessibilité à ces artères ou quartiers commerçants est primordial, notamment à travers les plans de circulation, l’offre de parking et de stationnement.

✔️ Embellissement qualitatif, propreté, circulation et stationnement, méthode et stratégie, nouveaux comportements des clients sont les impondérables pour permettre au commerce de proximité de revenir dans nos quartier.


Il n'y a pas de recette miracle et ces pistes ne sont que des propositions de travail et de méthode. Mais il faut être clair, on ne relancera pas notre commerce de proximité sans se relever les manches, sans mettre sur la table quelques propositions et débuts de solutions. Les élus de notre groupe et nos soutiens sont prêts à travailler dans ce sens.

28 janvier 2018

Visite des camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz et Birkenau

Représentant de notre groupe d'élus au sein de la délégation de la ville présente à la visite des camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz et Birkenau organisée par l'association SCORE, Philip de la Croix nous livre avec émotion son témoignage une semaine après ce déplacement en Pologne.


"Il aura fallu plusieurs jours pour parvenir à mettre des mots pour définir l'émotion qui nous a submergé lors de la visite des camps d'Auschwitz et Birkenau dimanche 21 janvier 2018, visite organisée par Serge Bellaiche et Roland Bellahssen pour l’association SCORE.
Ces images maintes fois vues ne sont rien comparées à ce que l'on ressent lorsqu'on est, sur place, confronté physiquement à l'horreur absolue.
Philip de la Croix avec Elie Buzyn,
rescapé des camps et grand témoin
de cette visite mémorielle.

Cette infernale machine de mort mise en place il y a plus de 70 ans doit être vue, revue et jamais oubliée. Parce que si le diable se cache dans les détails, c'est justement chaque détail obscène de cette machine qui en explique son caractère diabolique. Et ces détails, c'est sur place qu'on les perçoit et qu'on les comprend : ces courriers qui ont trait à la négociation du prix d'un kilo de cheveux, cet autre qui confirme l'assassinat d'un rabbin, ce listing manuscrit sur 4 pages en 2 colonnes et sans ratures qui dresse la liste les noms des personnes qui viennent d'être gazées. Il y aussi ces installations ignobles mais malgré tout pensées, organisées, vérifiées, contrôlées, ces baraquements, ces châlits, ces toilettes... Combien de dizaines de milliers de lâches complices ont été mobilisées pour organiser cette entreprise de destruction humaine ?


En visitant ces camps, on réalise pleinement ce qu'on croyait pourtant déjà savoir : toute cette industrie méticuleuse de la mort ne poursuivait qu'un seul objectif qui, il faut le rappeler, n'a rien à voir avec la guerre : l'extermination.
Après la visite des camps d'Auschwitz et Birkenau, on sait qu'il faut inlassablement répéter que l'antisémitisme est une perversion intellectuelle épouvantable qui commence par des mots, se poursuit par de 'petits' actes inacceptables, puis par des crimes épars avant d'aboutir à la "solution finale".


Si une telle visite peut faire désespérer en l'être humain quant à sa capacité à repousser les limites de l'ignominie, il reste tout de même l'espoir. Parce qu'aussi 'performante' qu'elle ait pu être, cette entreprise d'extermination a heureusement échoué. Car d'autres hommes se sont levés, ont combattu, survécu et témoigné. Et si à Auschwitz-Birkenau, le mot 'Shoah' s'incarne totalement, au sens fort du terme, les morts y sont si présents qu'on s'associe à eux et qu'on les pense encore plus avec nous et près de nous. Grâce à eux, nous sommes là et nous témoignerons à notre tour.


Rendons ici un hommage appuyé à notre extraordinaire accompagnateur, Monsieur Buzyn, survivant de l’holocauste et du camp d’Auschwitz, qui nous a donné une leçon de vie, de courage, de force morale et de résilience lors de cette visite."



Philip de la Croix
Conseiller municipal du groupe Ensemble, réveillons Fontenay.


Les Élus d'opposition municipale du groupe "Ensemble réveillons Fontenay" représentés sur place par Philip de la Croix, expriment sa profonde reconnaissance aux organisateurs de ce déplacement et les assurent qu’ils les trouverons toujours à leurs côtés pour que plus jamais ne se développe un nouvel antisémitisme, qu'il soit ainsi nommé ou travesti parfois sous d'autres appellations.

20 janvier 2018

L'interview du Samedi : Fontenay pour Vous !

Gildas Lecoq, plus de 200 fontenaysiens étaient réunis ce week-end pour les voeux du groupe d’élus que vous présidez au conseil municipal. Quel est le message principal que vous avez voulu faire passer ?

C’était en effet une très belle soirée avec un grand nombre d’habitants présents et intéressés par la dynamique nouvelle que nous développons à Fontenay. Nouvelle car notre groupe s’est élargi au fil des années. Il est désormais constitué de femmes et d’hommes d’horizons politiques divers.
Le message qui était le mien était évidemment un message d’ouverture et de rassemblement. Nous avons la nécessité de tendre la main à tous ceux qui veulent conduire Fontenay-sous-Bois autrement, au-delà des clivages politiques. Depuis 53 ans, notre ville est dirigée par la même équipe municipale, sans alternance, sans projet alternatif. Cela ne peut plus durer. En 2020, si nous voulons vraiment que ça change à Fontenay-sous-Bois, il faudra être rassemblés. C’est le sens de la main tendue que j’ai adressée.

Vous affirmez que la Mairie de Fontenay-sous-Bois ne prépare pas la ville pour l’avenir. Qu’entendez-vous par là ?

Il y a tellement d’exemples : je vais mettre l’accent sur les transports.
Le prolongement de la ligne 1 peut véritablement bouleverser positivement l’avenir de Fontenay-sous-Bois; c’est une chance pour notre ville et ses habitants. Or, la majorité municipale a, dans un premier temps, traîné des pieds pour défendre ce dossier, alors qu’il y avait fort heureusement une union politique sur cette question. Ensuite, elle a tout fait pour que la station intermédiaire soit déplacée à Montreuil, et ce pour des questions purement politiciennes ! De même le quartier République-Verdun, où cette station aurait pu être accueillie, n’a pas fait l’objet d’une requalification ou d’une volonté de redynamisation commerciale. Dès lors, il était forcément difficile de rendre rentable une station à cet endroit. Aujourd’hui, au moment où l’État s’interroge sur un report du calendrier, ce sont nombres de signaux qui forcément ne joueront pas en notre faveur.
Si vous ajoutez à cela le choix des amis politiques de la Mairie de Fontenay au département de ne pas candidater pour accueillir des sites olympiques, alors oui malheureusement, aux yeux de certains décideurs, notre ligne 1 n’apparaît plus prioritaire, car l’Est parisien dans son ensemble manque d’attractivité. Aujourd’hui, le maire et ses élus se réveillent enfin, et même s’ils peuvent compter sur nous pour défendre ce projet de transport pour le bien de notre commune, j’ai des craintes. J’invite vivement les Fontenaysiennes et les Fontenaysiens à se mobiliser pour que le financement soit trouvé et que le calendrier soit tenu. Une chose est sûre, si nous avons cette ligne, ça ne sera certainement pas grâce à notre exécutif municipal. Les Fontenaysiens s’en souviendront.

Même en matière d’équipements scolaire, la Mairie n’a pas de vision selon vous ?

Le projet de construction de l’école Paul Langevin met justement en lumière l’absence de vision de la Mairie pour la ville. C’est une très bonne chose que cette construction débute, nous avons soutenu ce projet et participé au jury de concours. Mais il faut que la mairie arrête de claironner que c’est une nouvelle école, car il s’agit juste de la reconstruction d’une école qui s’écroulait parce que son entretien avait été négligé par la mairie faute d’entretien constant et de crédits suffisants. Sa construction est annoncée depuis des années, il était grand temps que la mairie tienne enfin ses engagements !
Pour ma part, je regrette que la ville n'ait aucun projet nouveau d’équipements scolaires, aucune réflexion publique, aucun débat sur le maillage territorial de ces écoles. Quid d’une école dans le quartier des Parapluies ? L’absence de vision est une constante qui, au final, handicape nos habitants. En fait, le maire et son équipe réalisent seulement aujourd’hui le programme politique de leur liste de 2001, voire avant, ni plus ni moins. Le théâtre ? promis il y a 25 ans, on nous annonce la 1ère pierre avant 2020. Les exemples sont nombreux… La médiathèque et le conservatoire qui, en matière de culture, concernent beaucoup plus de monde, auraient dû faire l’objet d’une réhabilitation dès le début de ce mandat. C’était dans notre projet, je n’ai jamais lu une ligne à ce sujet chez nos opposants pourtant actuellement aux commandes. Pour le moment à Fontenay, nous avons d’autres urgences qu’un théâtre à 15 Millions d’euros et les habitants le savent bien.

La Mairie de Fontenay-sous-Bois écoute-t-elle vos propositions ?

A chaque conseil municipal, le maire et ses alliés refusent toutes nos propositions sous prétexte que tous ceux qui ne sont pas dans leur groupe sont forcément d’affreux libéraux, capitalistes, et même à entendre les commentaires déplacés de certains, forcément d’extrême droite ! L’art de mettre de la politique politicienne partout et d’oublier la mission qui est la leur !
Ce raccourci est d’autant plus absurde que les questions d’urbanisme, de voiries, d’équipements scolaires ou de propreté ne devraient être ni de droite, ni du centre, ni de gauche. A force de tout vouloir politiser et au nom d’un idéal, qui soit dit en passant n’a jamais fait des merveilles dans le monde entier, à Fontenay on pénalise les habitants. Plutôt que leur vision idéaliste et dépassée, avec les élus de notre groupe et nos nombreux soutiens nous proposons aux Fontenaysiens de nous occuper de leur ville, de leur quotidien.
Toutefois, la municipalité est obligée d’admettre que nous travaillons. Si elle aime réécrire nos propos, il lui est difficile de masquer notre action. Ce qui est navrant, c’est qu’un an ou un et demi après les avoir exprimées publiquement, la municipalité reprend certaines de nos propositions. Mais hélas durant ce temps un certain nombre d’erreurs ont été commises. Je pense aux récentes modifications du PLU qui sont exactement celles qui figuraient dans la centaine de corrections que nous avions proposée lors de sa révision. En revanche, je me réjouis que le Maire nous ait rejoint sur la candidature de Fontenay-sous-Bois comme “ville test” pour la mise en place de la Police de sécurité du quotidien, ou même récemment sur la question de la vidéoprotection. Mais au-delà des mots, nous demandons des actes et de l’action.

Quelle est votre vision pour notre ville ?

Je crois que les habitants nous rejoignent de plus en plus car nous disons clairement la vérité. Nous annonçons clairement que notre ambition n’est pas de débattre de sujets internationaux ou nationaux politiques, forts intéressants d’ailleurs, mais qui n’entrent pas dans le cadre du mandat qu’ils nous ont confié.  Notre volonté est plutôt de proposer une ville qui réponde à leur quotidien et donc à leurs craintes ou leurs problèmes. L’année qui s’achève localement à Fontenay-sous-Bois nous aura malheureusement offert peu d’évolutions et de changements dans notre quotidien.
Cette « ville pour vous » que nous proposons aux habitants, c’est une ville propre, tranquille, une ville qui apaise et non une ville qui veut faire croire qu’elle résiste, une ville qui s’adresse à toutes les générations et les quartiers, une ville qui tient compte du principe de réalité et qui agit, une ville bien gérée et non endettée comme c’est le cas aujourd’hui.
Surtout, c’est une ville qui anticipe les évolutions futures pour être prête ! Comme je l’ai dit durant mon allocution, aimer sa ville ne consiste pas à pas opposer les habitants des différents quartiers, c'est tout le contraire et malheureusement nos opposants l'oublient depuis trop longtemps. A l’occasion de ces vœux, j’ai voulu dire aux Fontenaysiens tout simplement combien nous travaillons pour faire de Fontenay cette « ville pour vous » ! Durant toute l’année 2018 nous déclinerons avec les habitants cette vision que nous avons pour notre ville. Si vous partagez cette même vision que nous, quel que soit votre parcours politique, alors rejoignez-nous.

18 janvier 2018

Tribune du Mois : Oubli volontaire ou volontaire oubli ?

« Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage »  : cette expression du XIIIe siècle a une fois encore été vérifiée dans la conduite des affaires politiques à Fontenay. 
Quand elle veut décrédibiliser l’opposition qui défend avec détermination l’intérêt général, la majorité municipale fait feu de tout bois. Elle n’hésite donc pas à abreuver les réseaux sociaux de mensonges en accusant son opposition de ne pas participer à certaines réunions importantes.

C’est  exactement  ce  qui  s’est  passé  le  15  décembre dernier, date de la dernière réunion du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance. Une fois cette réunion passée, la majorité municipale par la voix du « patriarche Saint-Gal » a abondamment communiqué sur l’absence des élus de notre groupe d’opposition, histoire de nous dénigrer et de nous salir.


La vérité est pourtant bien différente.
 

Nos élus n’ont tout simplement pas été conviés à cette réunion. Un « oubli » manifestement volontaire si l’on observe la suite de la manœuvre.  Il a ensuite été aisé de réécrire l’histoire pour affirmer que les élus d’opposition ne s’intéressaient pas au quotidien des habitants. Le procédé est scandaleux et anti-démocratique, mais au final tellement peu surprenant de la part de certains élus de cette majorité.

Nous sommes présents ou représentés à chaque réunion ou manifestation. Tenter de faire croire le contraire est un mensonge, une méthode abjecte et totalitaire.
Pire, en guise de « preuve », le cabinet du maire nous a présenté un document électronique si grossièrement falsifiable qu’il a fait rire les informaticiens chargés de le vérifier.
Entre oubli volontaire ou volontaire oubli le résultat est le même, nos élus n’ont pas été conviés à cette réunion.
Monsieur Saint-Gal, chef de meute des accusateurs, qui s’est comme de coutume répandu sur Facebook, devrait cesser d’utiliser ce genre de méthode calomnieuse qui déshonore le mandat qui lui a été confié.
« Quand on s’érige chevalier blanc, il faut être irréprochable ! » chacun, connaissant cet élu, se fera une idée...

15 janvier 2018

Loi sur les fake news : attention à la précipitation ...

Emmanuel Macron a annoncé qu’un projet de loi contre les fausses informations sera présenté par le Gouvernement afin de circonscrire l’essor des “fake news”.


Alors qu’un sondage alarmant publié la semaine dernière rappelle la crédulité de nos concitoyens face à la diffusion des théories des complots, la nécessité de lutter contre leur prolifération s’impose naturellement.

Une loi déjà existante mais totalement inopérante
Mais surtout, alors que le volume d’informations et de messages échangés croît sans cesse sur les réseaux sociaux, la tentation de croire qu’un texte législatif viendra à bout de l’inexactitude, de la calomnie et de la désinformation est un doux rêve.

La preuve : la loi annoncée par Emmanuel Macron existe depuis près de 140 ans, notamment au travers de l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qui proscrit la diffusion de fausses nouvelles susceptibles de troubler la paix publique. L’article L.97 du code électoral prévoit également de sanctionner la diffusion de fausses nouvelles faussant le scrutin.

En réalité, la loi est totalement inopérante sur les réseaux sociaux car il est impossible d’identifier les auteurs de message et de supprimer tous ceux qui propageraient de fausses nouvelles, à la fois parce que les opérateurs américains ne se plient pas aux verdicts des juridictions françaises et parce que l’Etat n’a pas les moyens humains et logistiques d’assurer un suivi efficient.

Un projet ambitieux qui pose plus de questions qu’il n’en résoud
Il faut cependant admettre que les contours du projet dessinés par Emmanuel Macron vont bien au-delà d’une simple prescription morale gravée dans la loi mais sans aucune application directe. L’objectif est de créer aux bénéfices des citoyens une nouvelle action en référé pour obtenir la suspension de la diffusion des nouvelles incriminées par le juge. Une telle action donnerait aux recours devant le juge administratif une effectivité fortement accrue.

Ce projet paraît titanesque et on doute que le gouvernement puisse répondre à toutes les interrogations qui se posent aujourd’hui sur son application. Comment obtenir qu’une information cesse de se propager sur Twitter, notamment lorsqu’elle est diffusée par des comptes basés à l’étranger ? Comment le juge peut-il être chargé d’établir la “vérité” sur des rumeurs portant notamment sur la vie privée et l’orientation sexuelle d’un individu ? Peut-on donner aux juges le pouvoir de suspendre la diffusion des propos d’un responsable politique parce qu’ils seront considérés comme des “fake news” ?

Surtout, ce projet peut évidemment conduire à des dérives s’il est finalisé dans la précipitation. Or, l’exécutif s’est donné pour objectif de promulguer le texte au printemps, pour ne pas modifier le code électoral un an avant les élections européennes, et ainsi éviter d’être accusé de tripatouillage électoral. Dans de tels délais, comment lever tous les obstacles et tous les questionnements qui se posent aujourd’hui ? Comment aboutir à un dispositif équilibré qui soit effectif mais sans remettre en cause la liberté de la presse et d’expression ?

Même si le principe est intéressant, l’annonce d’Emmanuel Macron paraît aujourd’hui précipitée :  le recours à un texte législatif pour résoudre les problèmes auxquels la société est confrontée est une tentation éternelle des responsables politiques, mais en l’espèce, le projet de loi annoncé pose plus de questions qu’il n’en résoud.
Comme le souligne le vice-président de l'UDI, Yves Jégo : "Plutôt que de voter une nouvelle loi contre les fake news ne vaudrait il pas plutôt créer un cyber parquet en le dotant de moyens conséquents ?"


Pour véritablement défendre la presse, les responsables politiques doivent cesser de contourner les médias
Toutefois, il y a une autre question à se poser car il y a évidemment une certaine forme d’hypocrisie à voir le Président de la République défendre les journalistes face à l’essor des “fake news” mais aussi à entendre les cris d’orfraie de M. Mélenchon qui hurle à la censure et au dévoiement de la liberté de la presse. En effet, la France Insoumise et En Marche ont pour stratégie délibérée de contourner systématiquement la presse au profit de contenus voire d’outils personnels acquis à leur cause. Ainsi, Emmanuel Macron n’autorise plus systématiquement les Journalistes Reporters d’Image à couvrir de nombreux déplacements, préférant des vidéos “Facebook Live” du service communication de l’Elysée. M. Mélenchon va beaucoup plus loin : avec la création ce soir de sa webtélé “Le Média” par son ex-directrice de communication, il ambitionne de créer un organe de presse partisan qui portera sa bonne parole.

Il n’y a pas d’avenir pour une presse libre et indépendante en France si les responsables politiques contournent des journalistes neutres au profit d’organes de diffusion serviles qui menacent non seulement l’indépendance des médias mais aussi leur vocation première, qui est d’informer la population avec honnêteté et neutralité.

Gildas Lecoq