07 septembre 2018

Tribune du Mois : Future Médiathèque : une improvisation totale

Lors du dernier conseil municipal, nous n’avons pas voté le projet de nouvelle médiathèque. Pourquoi ? Voici notre position qui évitera que nos propos soient une fois encore déformés. Nous ne cessons de le répéter, les médiathèques sont une chance pour nos villes, garantes du pluralisme de l’information et de l’égalité dans l’accès à la culture et au savoir.
Elles constituent des espaces d’instruction et d’émancipation pour tous. Nous avons toujours réclamé que la Ville s’intéresse à cette question.

Et surprise, nous découvrons en séance la volonté soudaine du maire de créer une nouvelle médiathèque. Sans discussion ni concertation, la majorité, empêtrée dans son coûteux projet de théâtre, a voulu « faire un coup ».

Improvisation totale !

Nous aurions pu accepter de nous laisser dépouiller de cette idée, que nous portons depuis longtemps, si le projet proposé était réfléchi, mais surtout cohérent et positif pour les habitants. Or ce n’est pas le cas. Ce projet témoigne d’une improvisation totale et d’un manque de réalisme.
« L’idée » est de transférer l’actuelle médiathèque et de réunir les deux centres de Santé (Emile-Roux et Salengro) dans l’un des bâtiments de la société Orange, situé en retrait de l’avenue Rabelais, allée Albert-Camus, dans le quartier de La Redoute, tout en conservant les locaux techniques de l’opérateur.

Pourquoi sommes-nous contre ce projet :

Un problème de cohabitation.

Réunir dans un même bâtiment une médiathèque et un centre de santé, juste à côté d’infrastructures techniques sensibles, nous semble un très mauvais choix pour plusieurs raisons :
* En termes de santé, de sécurité et même d’un point de vue environnemental.
En effet, Orange conservera dans ce bâtiment ses infrastructures techniques – essentiellement les centraux téléphoniques. Un tiers du futur bâtiment dédié à la santé et à la culture sera donc partagé avec des équipements techniques constitués de matériaux sensibles et de kilomètres de lignes de cuivre.
* En termes de protection de la vie privée
Un centre de santé est fréquenté par des personnes qui n’ont pas nécessairement envie de défiler sous les yeux d’autres personnes fréquentant une médiathèque.
* En termes de situation géographique
Le choix de l’emplacement d’une médiathèque doit permettre l’accès au plus grand nombre. Les rapports sont nombreux sur ce sujet et vont tous dans le même sens : une médiathèque doit être implantée au cœur d’un bassin de vie pour être facilement identifiable et accessible. Située en retrait des voies de circulation et des transports, loin des commerces et des lieux d’animations, la future médiathèque n’aura pas de visibilité.
 

Un problème d’accessibilité
La future médiathèque sera installée aux 3e et 4e étages du bâtiment. Pourtant, chacun sait que plus un établissement a un nombre élevé d’étages, moins il est accessible et plus il est difficile de le faire fonctionner. C’est pour cela que la plupart des médiathèques sont visibles de la rue et ouvertes, dès le rez-de-chaussée, sur un espace plus important qu’un simple hall d’accueil, comme le propose le projet.


Approximations, précipitation, mauvaises décisions
Plusieurs lieux auraient pu accueillir la nouvelle médiathèque. Deux exemples parmi d’autres : 

Plutôt que de réaliser un coûteux théâtre, sans parking, accolé à la salle Jacques-Brel, il aurait été préférable d’imaginer un bâtiment couplé avec la nouvelle médiathèque. Cela offrait un pôle identifiable et permettait une mutualisation cohérente. Mais surtout, cela permettait d’avoir un espace culturel animé et occupé en continu, et non cet espace gigantesque « théâtre + Salle Jacques Brel » qui sera nécessairement vide en dehors des représentations. En créant récemment un tiers lieu numérique, la ville a développé un service novateur et moderne (Pourquoi d’ailleurs ne pas inclure ce tiers lieu dans la future médiathèque ? On se pose encore la question). Situé boulevard Gallieni, ce pôle culturel aurait offert un trait d’union intéressant entre les deux versants de notre ville. Raté !
L’actuel Service Municipal de la Jeunesse, situé au carrefour du 8 Mai 1945, aurait pu constituer une autre solution. En réaménageant ce bâtiment des années 30, dans un quartier qui a besoin d’être revitalisé, la ville aurait pu accélérer cette ambition tout en positionnant, par une ouverture de plain-pied, une médiathèque et un tiers lieu numérique dans un espace desservi en transports en commun. Encore raté !


Oui à une médiathèque, mais pas n’importe comment
La création d’une nouvelle médiathèque était évidemment nécessaire, et le projet porté par les agents communaux était de grande qualité. Notre groupe a une vision réfléchie, sereine et ambitieuse pour Fontenay.


Après le coûteux projet de théâtre, voici que la majorité nous invente celui de la nouvelle médiathèque ! Imaginer une « ville à vivre » n’est pas lancer des projets dans tous les sens pour capter la lumière des réseaux sociaux, mais bien servir avec pragmatisme les attentes des habitants.


Penser que c’est de cette manière qu’on séduira des électeurs dans 20 mois, témoigne d’un clientélisme politique d’un autre temps, mais surtout d’une peur panique. Chacun sait, pourtant, que les décisions prises dans l’urgence sont toujours les pires.

Nous profitons de la rentrée scolaire pour souhaiter une bonne année studieuse et épanouissante à tous les élèves et étudiants de Fontenay car dans tout projet de médiathèque, il y a un but d’épanouissement culturel et de divertissement pour toutes et tous, vecteur de mixité sociale et accessible à tous.

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