08 février 2019

Déni de réalité

Vivons-nous à Fontenay-sous-Bois en dehors de la réalité, dans un monde parallèle dénué de règles, de lois, préservé des difficultés du quotidien ? C’est une question que chacun peut se poser à la lecture des derniers écrits du Maire de Fontenay.

On connaissait cette propension gourmande de l’exécutif municipal à transformer nos séances du conseil municipal en une arène politique hors de propos, en une sorte de parlement, où l’on nous demandait, pêle-mêle, de légaliser les drogues à Fontenay, d’interdire l’esclavage dans le monde, de sanctionner tel gouvernement ou de faire valoir notre droit de veto à l’ONU, alors que notre seul mandat consiste, rappelons-le, à gérer et prévoir le quotidien de proximité de nos habitants.


Si chacun peut avoir un avis et une opinion sur tout, le mandat que nos citoyens nous ont confié reste local. A l’heure où les médias et nos dirigeants nationaux semblent entendre la colère de nombreux français, si notre mandat avait été respecté et si nos institutions avaient également fait leur travail de relais, ces maux auraient depuis bien longtemps fait l’objet de l’attention gouvernementale. Car nous, élus locaux, connaissons ces souffrances aujourd’hui exprimées dans la rue.


Malheureusement, nous vivons dans un pays où nombreuses sont les personnes qui préfèrent s’occuper des fonctions des autres plutôt que d’assumer les leurs.
L’exécutif municipal fontenaysien ne déroge malheureusement pas à cette règle. Pire, tout doit être politique, car ces élus se rêvent tous un destin national. N’est pas Jean Jaurès, Léon Blum ou De Gaulle qui veut.


Quand le Président de la République, assez habilement d’ailleurs, invite les Françaises et les Français à se réunir pour faire remonter leurs propositions, deux solutions se présentent.


•    Soit on y participe, pleinement conscient que les propositions qui en découleront risquent peut-être de susciter une deuxième vague de déception.
•    Soit on n’y participe pas, certain que le débat est biaisé.

 
Si je reconnais que le Président de la République a commis des erreurs depuis son élection, et notamment celle de se couper des élus locaux et des corps intermédiaires, si je reconnais avoir eu certaines oppositions avec des décisions gouvernementales récentes, comme par exemple l’augmentation de la CSG pour nos aînés, ou la remise en cause de la fiscalité locale, je crois, parce que je respecte les institutions de mon pays, que lorsque le Président de la République nous invite à venir autour de la table pour nous exprimer, nous devons le faire. Critiquer est une chose, construire en est une autre.
Le Maire de Fontenay, en revanche, à une conception toute particulière de cette concertation sur laquelle vous me permettrez de m’attarder.


Invité à deux reprises à aller rencontrer le Président de la République pour évoquer les difficultés auxquelles nos communes sont confrontées, l’élu Front de Gauche de Fontenay a, à grand renfort de communiqué de presse ou de vidéos sponsorisées à nos frais, clamé haut et fort qu’il refusait cette invitation ! Même son mentor Jean-Luc Mélenchon a répondu favorablement aux invitations du Président de la République.

Aujourd’hui, et sans doute conscient de l’engouement populaire que suscite le Grand Débat national, voici que le Maire souhaite organiser à son tour, et à grand renfort, une fois encore, de communication « SON » Débat. Il a annoncé sa décision dans une lettre adressée à tous les habitants et distribuée dans toutes les boites aux lettres. Mais « SA » règle n’est pas celle du Grand Débat national : on pourra débattra de tout, mais à « SES » conditions. Comprenez chers amis que ce « meeting fontenaysien » ne sera pas pris en compte ni transmis au gouvernement et au Président de la République.
A vrai dire, mais vous l’aviez compris, c’est l’objectif visé. Quand on est opposé à tout, on doit rester opposé à tout. La colère et la contestation permanente sont la ligne politique à Fontenay. Elle est plus simple à expliquer mais ne fait pas évoluer
malheureusement votre quotidien.

Chacun fera ce qu’il souhaite, mais il me semble que vous deviez en être informés.
Pour ma part, je participe aux réunions officielles proposées dans le cadre du Grand débat national, et je transmettrai d’ici quelques jours le regard personnel du citoyen français que je suis sur les questions posées avec l'espoir que mon avis soit pris en compte.

 
Pour ma part, je resterai surtout attaché à mon mandat local et à l’écoute des habitants. A l’écoute de leurs soucis, de leurs colères, de leurs attentes, de leurs solutions et je les transmettrai toujours aux parlementaires que j’ai la chance de pouvoir rencontrer, quand ceux-ci les concernent, c’est ainsi que fonctionnent nos institutions.


Pour ma part, je ne me détourne pas du mandat que vous m’avez confié, et j’essaye d’y répondre à chaque fois avec pragmatisme.


Si je comprends la colère de nos concitoyens, et plus particulièrement des Fontenaysiennes et des Fontenaysiens, leurs craintes, leurs doutes, leur ras le bol, je veux aussi les inviter à regarder localement.


Oui, le matraquage fiscal, que nous font subir les gouvernements successifs, fait chaque année basculer plus de Français vers la précarité. Mais regardons chez nous.
 

Savez-vous qu’à Fontenay, dans notre ville, en 10 ans, la taxe foncière a augmenté de 25% pour la part communale et de 36% pour la part départementale ? que dans la même période la taxe d’habitation a augmenté de 12% ? que les tarifs des prestations périscolaires et culturelles n’ont cessé d’augmenter ? Un matraquage fiscal local qu’il convient d’intégrer à la colère exprimée.

Avec 154 millions de budget chaque année, à Fontenay en 6 ans aucune école nouvelle n’aura été construite pour désengorger nos classes. 


Avec 154 millions de Budget chaque année, à Fontenay en 6 ans aucun gymnase n’aura été totalement rénové.


Avec 154 millions de Budget chaque année, à Fontenay en 6 ans ni nos trottoirs, ni l’éclairage public n’auront-été améliorés.


Avec 154 millions de Budget chaque année, à Fontenay en 6 ans, la propreté est-elle de meilleure qualité, la tranquillité publique et la sécurité sont-elles mieux garanties ? Non, hélas.


Si notre Maire est atteint d’un déni de réalité j’invite toutefois celles et ceux qui nourrissent une colère légitime à ne pas se faire aveugler. Le dialogue et la concertation sont trop nécessaires au bon fonctionnement de notre démocratie. Le faux débat auquel le maire invite les Fontenaysiens n'a qu'une ambition servir la sienne et seulement la sienne.

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