08 mars 2019

Journée Internationale des Droits des Femmes : Non, le 8 mars c’est chaque jour.

Si nous célébrons chaque année la Journée Internationale des Droits des Femmes, cela ne veut en aucun cas dire, comme nous pouvons trop souvent l’entendre, qu’il n’y a qu’une journée dans l’année qui leur serait consacrée ! Non, le 8 mars c’est chaque jour. Le 8 mars, c'est toute l'année.

Cette journée nous rappelle surtout, qu’il convient encore et toujours d'agir en priorité sur les causes profondes des inégalités persistantes entre les hommes et les femmes, mais aussi de lutter contre la précarité des femmes seules avec enfants.
 

Ce dernier point est un sujet qui me tient à cœur et qui concerne près de 23 % des familles fontenaysiennes (25% au niveau national). Les familles monoparentales – dénomination administrative qui cache très souvent une réalité douloureuse – sont, à une très grande majorité (90%), celles où les mères élèvent seules leurs enfants !
 

Bien souvent ces femmes se retrouvent seules après une séparation difficile. Notre société, et notre commune en particulier, doit tout mettre en œuvre pour que nous renforcions leur accompagnement. Que nous les aidions à sortir de l’isolement. Que nous puissions les aider plus concrètement dans cette épreuve qui a été trop souvent précédée de violences, n’ayons pas peur de le dire.

Je me souviens d’une jeune femme avec deux enfants qui est venue se confier à moi,
il y a quelques mois, à l’occasion de l’une de mes permanences. Désemparée et esseulée par l’accueil que les services publics, pourtant chargés de sa cause, lui avaient réservé, elle me raconta son histoire.
Une histoire terrible, mêlant l’amour, la violence quotidienne et ses coups mêlés de pression psychologique.

Une histoire qu’elle croyait unique et pourtant si répandue.
Celle d’une femme, d’une mère de deux enfants, obligée de quitter le foyer après avoir essayé de recoudre mainte et mainte fois une passion déchirante, une passion déchirée.
Une histoire douloureuse qui s’achève par l’obligation de repartir de zéro et de faire une croix sur le versement d’une légitime pension alimentaire que son ex-compagnon ne lui versera jamais.
Une histoire qui attend une fin heureuse qui malheureusement n'arrive pas.

J’entends déjà les « esprits pointilleux » me rappeler à l’ordre et me citer l’existence de l’Agence de recouvrement des pensions alimentaires impayées (Aripa) créée au début 2017. Qu’ils entendent à leur tour la souffrance de ces femmes pour comprendre que, face à une situation aussi inhumaine, c’est une solution simple, pragmatique et connue de tous qu’il faut proposer et non un énième parcours administratif dans lequel s’engager. Une solution qui évite d’éventuelles représailles, de nouvelles violences. 40% des pensions alimentaires sont impayées dans notre pays, sans compter les séparations qui n’ont fait l’objet d’aucun accord.

La solution serait que la pension soit automatiquement versée, dès les premiers jours de séparation, par cette Agence gouvernementale ou la CAF. L’organisme récolterait alors la pension directement auprès du débiteur.
Dans un moment d’extrême solitude, de fatigue ou de souffrance, ces femmes n’auraient plus à subir ce combat supplémentaire qu’elles doivent mener. Elle pourrait se reconstruire dans l’apaisement.

En cette Journée Internationale des Droits des Femmes, c’est un sujet que je souhaitais mettre en lumière. Bien sûr il existe d’autres questions, d'autres combats : l’égalité des salaires, le droit pour les femmes d’accéder à la contraception, l’IVG, l'apprentissage de l'égalité à l’école, la mixité des métiers, le harcèlement sexuel,...
Après ce rendez-vous, comme tant d'autres, je m’étais engagé à accompagner cette jeune femme, il me semblait utile en ce jour de vous raconter, avec son autorisation, son histoire. Et puis, parce qu’il y a eu d’autres rendez-vous avec d’autres femmes, dans la même situation...
 

Si l’un d’entre vous cherche à recruter qu’il ou elle me contacte, nombreuses sont ces femmes rencontrées lors de mes permanences du samedi matin qui recherchent avant tout un emploi pour vivre dignement avec leurs enfants.


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