28 avril 2016

Tribune du Mois : Budget 2016, le double langage dangereux pour notre ville !

Le 14 avril dernier, notre groupe a voté contre la proposition de budget 2016 présentée par la majorité municipale. Nous ne pouvons valider la direction dangereuse vers laquelle notre ville se dirige, année après année, au nom d’utopies politiques d’un autre temps, et d’un double langage qui mêle annonces et décisions dogmatiques. Avec 100.000.000 d’euros de dette, il convient désormais de conduire une politique budgétaire adaptée à notre époque, et cesser de penser qu’à Fontenay, parce qu’on n’est pas d’accord, on va réussir à faire changer le monde. Au final, ce sont tous les habitants qui souffrent des conséquences de cette crise économique durable et de ce matraquage fiscal local. 

Double langage :  

1/ La municipalité annonce un bénéfice de 3,5 M d’euros en 2015 alors qu’elle a emprunté 3,9M d’euros la même année. Le bénéfice est donc artificiel et masque un déficit de 450 000 euros. C’est un jeu extrêmement habile mais complètement cynique, qui entraine notre ville sur une pente de plus en plus glissante. De plus, cette stratégie est coûteuse, car nous payons, par ce petit jeu d’écritures, des frais financiers sur 3 M€ d’encours supplémentaires. Ubuesque ! 

2/ La municipalité annonce un désendettement de 4M d’euros. Vrai, mais celui-ci a été réalisé en abandonnant les projets d’investissements nécessaires annoncés. Le désendettement modeste n’est pas venu des capacités de la majorité municipale à freiner les dépenses de fonctionnement à l’aide d’une politique de gestion cohérente, mais en freinant l’investissement, c’est-à-dire l’élan que notre ville devrait avoir dans le futur. 

3/ La municipalité présente un budget 2016 avec une augmentation des charges de fonctionnement et des investissements, une fois encore, trop modeste. Comme si elle ne voyait pas l’impérieuse nécessité à gérer différemment notre commune. Il faut une autre méthode, un cap adapté à l’époque dans laquelle nous vivons, des règles de gestion planifiées afin d’éviter les coupes sombres qui forcément seront mal comprises. Accompagner le changement avec l’ambition de toujours offrir un service public local de qualité. Voilà le cap que propose notre groupe. 

4/ La municipalité, pour financer ce budget, annonce une baisse de 5% de la taxe d’habitation mais va augmenter la taxe foncière de +12% ; de plus, la part départementale votée par leurs amis politiques va augmenter de +5,8%, c’est au final une hausse de +17,8% qu’il faudra assumer et qui touchera particulièrement les familles avec enfants. Quand l’impôt devrait être la participation de chacun à la hauteur de ses possibilités au financement du budget communal, la majorité municipale le transforme en « outil politique » qui oppose les habitants les uns aux autres. Nous invitons la majorité, en cette période de changement, à revoir sa copie et surtout sa méthode, pour proposer un budget qui tienne compte du monde et de l’environnement qui nous entoure, mais surtout qui s’adresse bien à tous les habitants et pas seulement à quelques-uns.

Retrouvez l'intervention de notre groupe en vidéo :


Conseil municipal - Budget 2016 - Fontenay-sous... par GLECOQ

25 avril 2016

La culture en mauvaise posture

Cet article du Parisien du jour m'offre la possibilité de reparler de la politique culturelle dans notre ville.

Artcité va mal. Son président le dit et le répète chaque année, la subvention versée par la ville n'est pas à la hauteur de l'événement pourtant proposé durant un mois à Fontenay-sous-Bois.

Le Comptoir va mal. L'appel aux dons, désormais annuel, montre combien il est difficile pour la ville de soutenir seule cet événement et ce lieu pourtant chaleureux et artistiquement agréable.

Malgré tout cela, l'équipe municipale persiste et signe sur le projet du théâtre quand la priorité serait déjà de pérenniser l'offre culturelle existante. A notre demande de report de ce projet, afin de financer la rénovation d'écoles ou de consolider l'offre culturelle actuellement proposée, le maire ne cesse de répéter à qui veut l'entendre, ou encore le croire, que nous serions contre la culture. La réplique est bien rodée et je ne doute pas que son successeur la reprendra in extenso. Elle est tellement bien rodée que le raccourci présenté va même plus loin.

Schématiquement cela donne ça : Vous ne souhaitez pas que le théâtre soit la priorité du moment donc vous êtes contre le théâtre (Ndlr : ce qui est faux), si vous êtes contre le théâtre c'est que vous êtes contre la culture (Ndlr : ce qui est évidemment faux), si vous êtes contre la culture c'est que vous êtes contre la liberté (Ndlr : ce qui est une fois encore totalement faux), si vous êtes contre la liberté c'est que vous êtes fasciste (Ndlr : ce qui est faux, mais faut-il même l'écrire), donc vous êtes d'extrême droite et Marine Le Pen gagnera grâce à vous (Ndlr : ce qui est encore totalement faux évidemment).

L'opposition que les élus de notre groupe porte contre le projet de théâtre est surtout liée, nous l'avons déjà dit et écrit des dizaines de fois, à l'opportunité actuelle de cet équipement nouveau, à la question budgétaire au regard de nos finances locales, à la situation du projet loin des transports en commun et sans parking, notamment.

Évidemment, malgré les 100 000 000 d'euros de dette, c'est plus la question des coûts de fonctionnement (Ndlr : bien plus que les 150 000 euros annoncés) qui interroge sur ce nouvel équipement dont l'utilité et l'attente n'émanent pas du public et des contribuables.

Avec 12 millions d'euros d'investissement, si la municipalité était véritablement le défenseur de la culture populaire comme elle le revendique à tort régulièrement, elle devrait alors investir dans la réhabilitation de la médiathèque par exemple. C'est pour ma part ce que je ferais.

En effet, la médiathèque Louis-Aragon est un lieu d'échange et de transmission qui accueille le plus de public provenant de l'ensemble des quartiers de notre ville. En investissant dans sa réhabilitation nécessaire et urgente, à la différence du projet de Théâtre, la ville offrirait un lieu à la fois moderne, adapté à la demande des utilisateurs et surtout moins cher à entretenir au quotidien.

Non, se poser la question de l'opportunité du projet de théâtre ce n'est pas faire le jeu du Front national, comme le claironne la majorité municipale. Quand on voit la difficulté que traversent le Comptoir et Artcité, quand on voit l'état de notre médiathèque municipale, notre position défend très concrètement la place de la culture dans notre ville.

En revanche s'enferrer dans cette fausse posture de défenseur de la culture comme le fait la majorité municipale, donne l'impression que les politiques sont déconnectés de la réalité et cela incite les électeurs à aller voir ailleurs... La meilleure réponse face aux extrêmes reste et restera l'action pragmatique, pas les mots ni les postures.

13 avril 2016

Démission de JF Voguet

La rumeur bruissait depuis deux semaines, et nombreuses étaient les personnes qui m'appelaient quotidiennement pour la vérifier. Hier dans la journée, Jean-François Voguet a confirmé ce que chacun savait depuis le début de son mandat : qu'"il avait décidé de passer la main".

Jean-François Voguet m'a reçu hier pour m'annoncer en tête à tête sa décision de démissionner de ses fonctions de maire au mois de mai prochain. A l'occasion d'un échange courtois dans le respect des règles républicaines il m'a expliqué les raisons de sa décision : envie de vivre plus sereinement en profitant de la vie, modifications institutionnelles prenantes, désir de voir une rupture s'opérer...

Rupture en effet il y aura : avec ce retrait*, une page se tourne dans notre ville. Jean-François Voguet s'était engagé aux côtés de Louis Bayeurte et avait été 1er adjoint dès 1977 ; le style et la méthode étaient déjà très différents, mais avec cette démission, c'est définitivement la fin de l'histoire commune entre Fontenay et Louis Bayeurte. En désignant comme successeur pressenti Jean-Philippe Gautrais**, Jean-François Voguet valide en quelque sorte la victoire de son meilleur ennemi en interne, Gilles Saint-Gal.

La victoire par procuration de Gilles Saint-Gal

Oui c'est en effet la victoire de la "famille" Saint-Gal que la désignation (sans vote pour le moment) du gendre de Gilles Saint-Gal, élu fontenaysien et conseiller départemental, et du mari de Nora Saint-Gal, adjointe au maire de Fontenay.

Chacun sait que le parachutage de Gilles Saint-Gal pour succéder à Louis Bayeurte avait créé des remous au sein même du parti communiste fontenaysien. Gilles aura attendu de nombreuses années sa victoire par procuration...

Désormais il convient de regarder vers l'avenir, et l'avenir proche c'est le vote d'un budget jeudi prochain, qui confirme combien la situation financière de notre ville est dramatique. L'annonce du retrait de Jean-François Voguet ne change évidemment rien aux tristes réalités comptables de Fontenay. Avec 100 M€ de dette, des dépenses de fonctionnement en augmentation et une augmentation de la taxe foncière de 12%, l'avenir à Fontenay n'est pas aussi radieux que ce que l'on nous a annoncé depuis des années.

Je salue les 40 années de Monsieur Jean-François Voguet au service de notre ville. Même si je respecte son choix, je regrette qu'il ne l'ait jamais dit ouvertement aux électeurs lors des dernières élections municipales. Découvrir, comme il l'exprime ce matin dans Le Parisien, à 67 ans qu'on en aura 70 en 2020, quand on s'est présenté en 2014 à 65 ans, confirme bien que cette majorité a toujours des problèmes en calcul et le budget qui sera présenté va, hélas, dans le même sens.



* Attention M. Voguet reste conseiller municipal, et représentant de la ville à la Métropole et au Territoire.

** Attention, rappelons qu'il y aura une élection en conseil municipal le 22 mai prochain pour élire le futur Maire.

04 avril 2016

Incendie rue la Fontaine : solidarité entre voisins

Il y a une semaine, le feu provoquait d’énormes dégâts dans un des immeubles de la rue la Fontaine. Stéphanie et Guillaume, membres actifs de notre groupe, alertés par les fumées ont prêté main forte aux pompiers et ouvert la porte de leur maison pour accueillir une partie des personnes évacuées. Témoignage.

« Fontenay : l’immeuble évacué en pleine nuit à cause d’un incendie » titrait une nouvelle fois le Parisien le 29 mars 2016. Encore une fois me direz-vous !
Effectivement, de nouveau, nos concitoyens de Fontenay ont dû quitter précipitamment leur logement en pleine nuit. Réveillés par ses voisins ou par les pompiers qui tapent à la porte et vous demandent d’évacuer. 
On est désorienté.
Pour peu que la fumée soit déjà présente et vous enveloppe, le stress se fait encore plus présent. Et puis mes enfants, mes proches, comment je vais faire ???
Vite, vite sortir !
Au mieux on s’habille, au pire on sort comme on est ! Peut-être en caleçon, en claquette et avec tout juste un pull sur le dos que l’on a attrapé au vol en sortant.
Et puis, il y a ces personnes âgées, ou en situation de handicap, qui ne peuvent pas se déplacer toutes seules ou avec une grande difficulté. On sauve sa vie, mais on pense à ses biens. Peut-être laisse-t-on tout ce que l’on a ? Que va-t-il se passer ?
Et on se retrouve dehors.
On sent la fumée, surement. On voit les flammes, peut-être. Et, tout s’agite ! Les sirènes, les gyrophares animent une scène irréelle. Le bruit des moteurs des véhicules de secours, le bruit des pompes, les pompiers qui s’interpellent d’un bout à l’autre du lieu du sinistre. Face à ce bouleversement, on reste malheureusement impuissant. On reste immobile à regarder la scène, on échange quelques mots avec ces voisins.
« Madame XXX est bien sortie ? »
« Monsieur YYY est avec ses enfants ? »
Alors les solidarités se mettent en place.
Un pull, une couverture, un blouson, une paire de chaussettes circulent. Tout est bon pour se réchauffer. On trouve un lieu au chaud pour les plus faibles ou ceux qui ont été touchés. Et là, les premières informations arrivent, des « peut-être », des « sûrement ».
Tel appartement est totalement détruit. Là, il y a une canalisation qui a explosé et provoqué une inondation. Pour certains c’est le drame. Pour d’autres une grande anxiété et pour certains une inquiétude. Où allons-nous dormir cette nuit ? Où allons-nous dormir demain ? Et là les peurs et les questions s’enchainent… »

Pour avoir vécu pareille mésaventure un 1er janvier avec une enfant en bas âge, Stéphanie et Guillaume n’ont pas hésité un instant à venir en aide à leurs voisins. En pareil instant, tout va très vite et malheureusement nous ne sommes pas forcément préparés à ce genre de chose. 
Ce qui est sûr c’est que les services de secours sont là pour gérer l’instant. Prendre en charge les personnes en détresse suite à l’incendie et, sécuriser la zone. 
Ce qui est sûr c’est qu’ensuite c’est à la collectivité d’intervenir pour accompagner au mieux les victimes. Dans ce cas précis, trois heures après le début de l’incendie, le foyer Matteraz a été ouvert. Vient ensuite le temps de l’accompagnement notamment auprès des assurances, des services sociaux et des associations afin que chacun trouve une solution concrète pour les jours à venir. 
Ce qui est sûr c’est que chacun à un rôle à jouer mais qu’il me semblait important de rappeler que, dans ce cas précis, c’est avant tout la solidarité entre voisins qui a joué. La trentaine de personnes accueillie se souviendra longtemps de la gentillesse et la bienveillance de Stéphanie et Guillaume. Merci à eux.