07 juillet 2017

Comment remobiliser nos concitoyens et leur donner de nouveau l’envie de s’exprimer démocratiquement

Les récentes échéances électorales et leurs campagnes successives ont laissé, à mon sens, un goût d'inachevé dans le débat démocratique qui aurait dû émerger. La faible participation et le désir de "dégagisme" généralisé en ont été la conséquence visible. La question à se poser à plus long terme est savoir comment remobiliser nos concitoyens et leur donner de nouveau l’envie de s’exprimer démocratiquement.

Certains analysent la séquence qui vient de se dérouler comme un virage important et nous parlent de « nouvelle politique ».  D’autres, moins crédules, d’un simple « ripolinage marketing ». Quoi qu’il en soit, cette forte abstention se doit d’être prise en considération et nous inviter à réfléchir sur notre façon de faire de la politique. Je crois pour ma part que, si nous voulons réconcilier les français avec la politique et relancer le débat et la confrontation des idées, l’ambition qui doit être la nôtre est avant tout de bâtir une offre de solutions politiques pragmatiques et lisibles pour nos concitoyens. Oui, ce très fort taux d’abstention doit véritablement nous interroger. C’est à mes yeux l’enseignement numéro 1 des dernières élections. Lafayette voyait terriblement juste quand il écrivait : « Pour que vive la liberté, il faudra toujours que des hommes se lèvent et secouent l'indifférence ou la résignation. »


Secouer cette résignation est une très grande responsabilité que nous devons tous porter. Pour cela il faut que la politique s’inspire de ces hommes et de ces femmes, récemment disparus, qui ont nourri le débat démocratique de notre pays. Ce qui doit interpeler aujourd’hui, c’est aussi ce systématisme à transformer la politique en « buzz » permanent. Comme si les médias et les élus étaient convaincus que nos concitoyens n’étaient pas capables de comprendre autre chose que cette mousse médiatique. Non, on ne secoue pas l’indifférence, la résignation des absentéistes, en évitant les débats d’idées et en interdisant une réflexion sur un temps plus long. Notre paysage politique souffre de cette carence de sens et de fond, de ces débats qui ne dépassent plus la simple humeur de l’instant présent ou la réaction vive à chaud. Nous nous retrouvons à devoir commenter l’événement et non à développer les idées qui ont émergé. Ce paysage politique et médiatique n’est ni plus ni moins qu’un champ de ruines, où ne vivent et/ou survivent que les intérêts tactiques et les humeurs médiatiques. On préfère le « vu à la télé ». Les candidats et les élus extrémistes ne s’y trompent pas et squattent les plateaux sans pour autant développer leurs solutions. Le récent débat présidentiel nous a d’ailleurs très clairement montré que, justement, malgré leurs bruyantes jérémiades ils n’avaient pas de solutions. Les campagnes électorales se succèdent, les français grondent, s’abstiennent. Pourtant, inlassablement, le paysage politique français se désertifie, notre pays doucement mais sûrement sombre, le politiquement correcte et la pensée unique l’ont gangréné méticuleusement.


Les personnalités politiques qui nous ont quittés ces dernières années, nous montrent par leur absence que c’est bien le sens et le fond, le temps et la réflexion qui manquent désormais et que nous devons rapidement retrouver.