17 novembre 2017

Conseil de quartier Jean-Zay : retour à la case départ !

J’ai participé hier soir au Conseil du quartier Jean-Zay. En effet, alerté depuis plusieurs jours par de nombreux habitants sur les problèmes récurrents de propreté, d’incivilités et de sécurité, je voulais m’imprégner de l’avis des habitants.

Malheureusement, la situation dans ce quartier reste toujours problématique. Les habitants sont excédés par les promesses non tenues, mais surtout, ils ont la triste impression que rien n’est fait pour eux. Et ils ont raison.

Au cours de l’échange qu’il y a eu avec les habitants, si chacun se rejoignait sur l’amour qu’ils portent pour leur ville, et pour leur quartier, les conclusions apportées par les élus de la majorité présents hier soir n’ont pas vraiment été appréciées.
Pour ma part, j’ai regretté publiquement que 4 ans, jour pour jour, après les promesses faites aux habitants par le Maire de l’époque (avant les élections municipales de 2014 comme par hasard), rien n’avait changé. Aujourd’hui on annonce une réunion spécifique avec le commissaire de police... comme en 2013.

Des réunions identiques se sont tenues à plusieurs reprises et la situation n’a pas bougé. Des décisions avaient été prises concernant les rassemblements de jeunes et les points de deal, pourtant rien n’a été fait en quatre ans.

•    Mise en œuvre d’arrêtés obligeant certains commerçants à fermer plus tôt le soir : Rien.
•    Réflexion sur l’installation de caméras de vidéo-protection aux carrefours proches du quartier : Rien. pourtant celles-ci sont demandées par les habitants présents hier.
 
Et le discours reste le même : Quand il est question de  sécurité, c’est à l’État de prendre ses responsabilités. Bref : « C’est pas nous, pas nous ! ».
Sur la question de la propreté, et notamment sur les dépôts sauvages d’encombrants ? Même réponse, c'est au territoire de prendre ses responsabilités. Re-Bref : « C’est pas nous, pas nous ! ».


Les habitants de Jean-Zay en ont marre d’attendre ! « A quoi servent les impôts si c’est pour continuer à vivre en insécurité dans un quartier sale » me confiait une habitante à la fin de la réunion. Elle a raison.

Si la sécurité est une des missions régaliennes de l’État, cela n'interdit pas la ville d’agir. Le maire peut confier certaines missions à la police municipale pour retrouver le calme dans ce quartier. Sinon, pourquoi l'avoir créée ? 

Si l’État n’est pas en capacité d’agir suffisamment, devons-nous pour autant laisser les choses se dégrader sans agir ? La réponse est clairement NON.

La majorité municipale sait parfaitement trouver l'argent nécessaire pour développer des projets pourtant théoriquement du ressort de l’État. La mairie sait trouver des subventions pour financer des syndicats (plusieurs dizaines de milliers d’euros), la mairie sait envoyer des délégations à l’étranger dans le cadre de la coopération décentralisée. 

Les exemples sont nombreux. Alors pourquoi, quand il s’agit de questions de sécurité, de tranquillité locale ou de propreté, la seule réponse est de pointer les coupables et de ne rien faire comme ce fut lors de cette réunion ?

Hier soir à Jean-Zay, nous avons fait un voyage 4 ans en arrière. La trentaine de participants à cette réunion était désabusée et avait légitimement l’impression qu’on les oubliait. Être maire c'est prévoir, être maire c'est agir, malheureusement hier soir, on était très loin de cette maxime qui guide notre engagement.

09 novembre 2017

Stop à la campagne de désinformation sur la suppression du département !

Au mois de décembre, Emmanuel Macron va probablement annoncer la suppression des trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis).

Une campagne de désinformation des communistes pour préserver leurs intérêts
Si cette réforme peut légitimement interpeller et faire débat, elle semble en revanche outrageusement déranger et effrayer la majorité communiste qui dirige le département du Val-de-Marne depuis 41 ans, et qui assiste avec horreur à la disparition prochaine de son pré carré.

Dans le dernier département communiste de France, la lutte pour la préservation des intérêts particuliers de ceux qui dirigent la collectivité est lancée. Leur campagne de communication, aux frais du contribuable, consiste à marteler une contre-vérité simple mais efficace : la suppression du département équivaut à supprimer l’ensemble des politiques publiques menées par le département.

Ainsi, en supprimant le département, le Gouvernement s’apprêterait à supprimer la construction de collèges, les parcs départementaux, l’aide au logement social, à la rénovation urbaine, aux clubs sportifs locaux, aux structures culturelles, et même au projet du Grand Paris Express, ce que le président Christian Favier a sous-entendu dans un communiqué de presse. On croit rêver !

Un appel à la raison et à l’honnêteté


Cette campagne repose évidemment sur un mensonge : supprimer la structure du département n’implique pas de supprimer purement et simplement ses compétences ! Qui peut imaginer qu’en supprimant le département, le Gouvernement s’apprête à cesser la rénovation des collèges ou à geler le versement du RSA ?

Si le Conseil Départemental disparaît, le Gouvernement réattribuera très logiquement les compétences d'attribution décentralisées dévolues jusqu’à présent au département. Ce sera d’ailleurs l’un des enjeux des mois à venir : déterminer avec intelligence les échelons les plus pertinents pour mener des politiques de proximité plus efficaces, notamment en matière d’action sociale.

Supprimer le département en région parisienne, une idée intéressante à discuter !
Je le dis comme je le pense, l’objectif visé va dans le bon sens : simplifier le millefeuille territorial de la région parisienne ne doit plus être un objectif proclamé sans jamais en tirer les conséquences, c’est une nécessité. Avec les communes, les territoires, les départements, la Métropole et la Région Ile-de-France, il y a aujourd’hui plus de 5 échelons de collectivités qui cohabitent. C’est une vraie anomalie : en comparaison, il n’y en a que deux à Londres, pour une population équivalente à celle de toute la Région Ile-de-France.

Une simplification de cette organisation francilienne permettra d’éviter l’enchevêtrement des compétences qui dilue les financements et les énergies ; bref, de mener des politiques publiques plus efficaces et moins coûteuses pour les contribuables.

Je me souviens de la promesse de campagne d’Emmanuel Macron : si je ne partage pas tout avec le président de la République je le rejoins pourtant sur cette question : là où des phénomènes métropolitains émergent, que ce soit à Paris, à Lyon, à Marseille ou à Lille, le maintien du département peu en effet se poser.

Qui peut sérieusement penser que les frontières départementales, pensées et conçues en 1789, sont encore pertinentes en 2017 ? Le département est une collectivité qui ne permet plus d’englober des bassins de vie effectifs et d’appréhender les nouvelles structurations spatiales de l’espace urbain.

Je crois pour ma part que dans sa représentation future, la Région, en sa qualité d’institution, devra modifier son mode de désignation pour se doter d’élus régionaux issus d’un maillage cantonal ou territorial imposé pour permettre une représentation effective de proximité.

Le cœur de toute réforme territoriale à venir doit être basé sur le rapprochement du pouvoir politique et des citoyens. Je souhaite ainsi que l’on redonne plus de prérogatives et de leviers financiers aux Maires : leur proximité et leur connaissance des réalités économiques et sociales les rend plus aptes à conduire des projets gagnants pour les habitants. La suppression de la taxe d’habitation risque de ce fait de réduire leurs marges de manœuvre.

La Conférence territoriale pour « refonder » la métropole du Grand Paris, annoncée par Emmanuel Macron, devra permettre d’y voir plus clair sur les intentions du gouvernement.

En attendant, soyons raisonnables : l’engagement politique implique de tenir un discours de vérité et de responsabilité. La préservation d’intérêts particuliers ne justifie pas de telles contorsions intellectuelles ni l’utilisation des deniers publics.