04 juillet 2018

Future médiathèque : Pourquoi sommes-nous contre ?

Lors du dernier conseil municipal, les élus de notre groupe n’ont pas voté le projet de nouvelle médiathèque présenté. Il me semble nécessaire de revenir sur les raisons de ce refus ! Je t’invite ami lecteur à aller jusqu’au bout de cet article, car il est parfois nécessaire de prendre un peu de temps pour pouvoir expliquer clairement ses raisons mais surtout, sur un sujet aussi important, la vision qui est la nôtre. Enfin connaissant cette capacité locale à déformer nos propos et notre position il me parait nécessaire de bien expliquer notre point de vue !
 

En préambule, il convient de rappeler un élément important :  Nous pensons et ne cessons de dire que les médiathèques sont l’un des piliers de notre démocratie, garantes du pluralisme de l’information et de l’égalité dans l’accès à la culture et au savoir. Elles sont aussi un lieu d’instruction et d’émancipation ouvert à tous. Aussi, découvrir en séance d’un conseil municipal la volonté du successeur autoproclamé de Jean-François Voguet, l’ex maire, d’en créer une nouvelle, quelques semaines après que j’ai moi-même annoncé combien il serait utile de se pencher sur cette question, ne manque pas de faire sourire et confirme, s’il le fallait encore, l’absence totale de vision culturelle à Fontenay-sous-Bois.
L’idée fumeuse présentée sans concertation au dernier conseil, est donc de transférer l’actuelle médiathèque dans l’un des bâtiments de la société Orange situé cent mètres derrière, dans le quartier de La Redoute, allée Albert-Camus. 


Nous avons voté contre cette idée pour plusieurs raisons :


Un problème de cohabitation. Installer dans un même bâtiment la future bibliothèque et le futur centre de Santé avec les locaux techniques de la société Orange ne nous semble pas une bonne chose. En effet, la société Orange, déjà présente dans ce bâtiment, conservera ses infrastructures techniques stratégiques - plus communément appelés Nœud de Raccordement d'Abonnés (NRA) ou centraux téléphoniques. Oui, vous lisez bien qu’un tiers du bâtiment dédié à la santé et à la culture sera occupé par les équipements techniques d’Orange et ses milliers de kilomètres de lignes téléphoniques en cuivre desservant les abonnés. Que ce soit en termes de sécurité ou d’un point de vue environnemental, cela ne nous semble pas le meilleur choix pour y implanter une médiathèque.


Un problème de situation. Le choix de l’emplacement d’une médiathèque au sein du territoire communal est à nos yeux la garantie d’offrir un service public de qualité au plus grand nombre. Les rapports sont nombreux sur ce sujet, et ils concluent tous dans le même sens : il est préférable qu’une médiathèque soit implantée au cœur d’un bassin de vie pour être facilement identifiable et accessible. La situation de la future médiathèque, en retrait des voies de circulation, réduira considérablement sa visibilité. Selon nous, le réseau de transports doit aussi la desservir aisément, en particulier le week-end, ce qui ne sera malheureusement pas le cas allée Albert-Camus.
Pour répondre aux divers besoins et envies des publics, nous pensons que la future médiathèque aurait dû être installée à proximité de points de restauration, d’un marché aux comestibles, de commerces, d’édifices culturels, de bâtiments sportifs, d’espaces verts, ou de places de stationnement... Là encore, le projet de réalisation de 200 nouveaux logements (oui vous lisez bien encore 200 logements dans 7 immeubles nouveaux dans le quartier de la Redoute !) tout autour de la future médiathèque et du centre de santé ne répondra en rien à cette nécessité.


Un problème d’attractivité. L’architecture de l’équipement a également un impact direct sur la capacité d’une médiathèque à ouvrir mieux ou davantage vers tous les publics. La future médiathèque se trouvera au 3e et 4e étage du bâtiment. De manière quasi-géométrique, plus un établissement a un nombre élevé d’étages et une architecture interne complexe, plus il est difficile de le faire fonctionner, le nombre d’agents ou de vacataires requis étant plus important. La très grande majorité des médiathèques sont de plain-pied ou du moins, offrent en rez-de-chaussée un espace plus important qu’un simple hall d’accueil, ce que propose le projet actuel. L’attractivité d’une médiathèque n’est donc pas le fruit exclusif des services qu’elle offre, mais bien le résultat d’une politique culturelle cohérente ainsi que d’une réflexion préalable et concertée. 


Plusieurs lieux auraient pu accueillir ce projet. J’en vois deux notamment, même s’il en existe d’autres.


Plutôt que de réaliser un unique théâtre sans parking accolé à la salle Jacques-Brel, il aurait sans doute été préférable de jumeler cette future salle avec une vraie médiathèque. Cela offrait une mutualisation cohérente et permettait d’avoir un lieu de vie culturelle occupé en continu, et non cet espace gigantesque qui sera nécessairement vide en dehors des représentations. Situé boulevard Gallieni, sur la ligne de crête de notre commune, ce pôle culturel offrait un trait d’union intéressant pour les deux versants de notre ville. Mais il faut rappeler que la rénovation de la médiathèque n’était pas dans le programme de la majorité, difficile d’être visionnaire quand on a pas de vision (CQFD). 


L’autre emplacement est celui des anciens bains municipaux, actuel Service Municipal de la Jeunesse, au carrefour du 8 Mai 1945. En réaménageant ce bâtiment des années 30, dans un quartier où la revitalisation commerciale peine à se développer, on boostait cette ambition tout en positionnant par une ouverture de plain-pied une médiathèque dans un espace desservi en transports en commun. Certes le lieu était complexe à aménager mais il faisait sens avec la nécessité de relancer cette partie de notre ville sans forcément concentrer la même offre au même endroit. 
Notre réflexion ne s’arrête pas là mais je ne vais pas donner plus d'éléments à cette équipe municipale sans vision.


Oui, la création d’une nouvelle médiathèque est nécessaire à Fontenay, et le projet de service porté par les agents communaux, qui nous a été présenté, est de qualité soulignons-le. Il est donc regrettable que l’ambition des uns ne puisse être soutenue par la décision politique des autres.
Il y avait une opportunité à saisir, mais la précipitation de l’équipe municipale handicape d’ores et déjà le projet. 

 
Toute personne qui connaît le développement des médiathèques sait qu’il convient d’innover. Le projet présenté n’est qu’un déménagement sans ambition, une idée à la va-vite pour faire oublier la question du théâtre. Quel gâchis !
En créant récemment un tiers lieu numérique, la ville avait pourtant donné une impulsion intéressante. Pourquoi d’ailleurs ne pas inclure ce tiers lieu dans la future médiathèque ? On se pose encore la question…


Quitte à mutualiser les deux centres de santé en un seul lieu pourquoi ne pas décentraliser les services municipaux de ce domaine et créer un véritable pôle santé-social dans un unique bâtiment ? 


Enfin, la Redoute mérite une attention particulière et ambitieuse sur le plan urbanistique, humain et social. Comme je l’avais dit il y a quelques semaines dans mon interview, la priorité, pour la Redoute, c’est d’être ouverte vers la ville, d’être désenclavée : il faut connecter ce quartier au reste de la commune. Il faut qu’il devienne un lieu de transit pour les fontenaysiens, un lieu où l’on vit, où l’on consomme, mais certainement pas un quartier à densifier comme le projet le dessine. 


Voilà mon propos touche à sa fin mais il me semblait important de rappeler qu’avec les élus de notre groupe et nos soutiens nous avions une vision réfléchie sur Fontenay.

03 juillet 2018

Hommage à José Baptista do Matos

Figure emblématique de notre commune, José Baptista do Matos, nous a quittés avec toute la discrétion dont savent faire preuve les personnalités charismatiques et les serviteurs de nos villes.
Homme de conviction, José Baptista n’en n’était pas moins respectueux des engagements des autres et appréciait discuter avec ceux qui ne partageaient pas forcément les mêmes convictions politiques que les siennes.    
Fontenaysien impliqué, il fut avec d’autres compagnons l’un des artisans du jumelage avec Marinha Grande, mais aussi et surtout l’un des bâtisseurs de l’Association Récréative et Culturelle Portugaise de Fontenay, à qui j’adresse évidemment mes plus sincères condoléances.
Ce matin, mes pensées vont aussi et surtout particulièrement à son épouse Gracinda, à ses enfants et ses petits-enfants, aux membres de la communauté portugaise de Fontenay mais plus largement à notre ville qui perd avec José une personnalité charismatique et attachante.

Gildas LECOQ